Après une année 2025 difficile, les prix de l’huile de palme repartent à la hausse. La flambée du pétrole, liée à la crise au Moyen-Orient, relance l’intérêt pour cet oléagineux largement utilisé dans le biodiesel.
Tensions au Moyen-Orient : l’huile de palme profite de la flambée du pétrole
Le marché de l’huile de palme connaît un regain d’activité. Lundi 9 mars, les contrats de référence pour livraison en mai ont bondi de 9 % à l’ouverture, atteignant 4 774 ringgits, soit environ 1 204 dollars la tonne sur la Bursa Malaysia Derivatives Exchange. Il s’agit de la plus forte hausse journalière observée depuis trois ans.
Selon Agence Ecofin, cette progression intervient après une première hausse de 3,7 % enregistrée vendredi dernier. Le mouvement coïncide avec l’escalade militaire entre l’Iran, Israël et les États-Unis, une crise qui dure déjà depuis une dizaine de jours et qui pèse lourdement sur les marchés de l’énergie.
La fermeture du détroit d’Ormuz a fait grimper les prix du pétrole. Le baril a franchi la barre des 100 dollars lundi. Dans la foulée, plusieurs producteurs du Moyen-Orient, notamment l’Irak et le Koweït, ont annoncé une réduction de leur offre en raison de la saturation rapide de leurs capacités de stockage.
Dans ce contexte, l’huile de palme devient plus attractive pour les producteurs de biodiesel. Lorsque le pétrole devient cher, l’incorporation d’un carburant d’origine végétale apparaît plus rentable que l’utilisation exclusive de carburants issus du brut.
Les données du cabinet d’analyse Platts montrent d’ailleurs que l’écart de prix entre l’huile de palme cotée en Malaisie et le gasoil négocié à Singapour s’est nettement réduit. Le 6 mars, ce différentiel n’était plus que de 177,96 dollars la tonne, soit 44 % de moins qu’il y a un an. En 2025, cet écart tournait en moyenne autour de 328,45 dollars la tonne.
La réaction du marché reste cependant prudente. L’année 2025 avait refroidi les espoirs d’un rebond durable. Les cours de l’huile de palme avaient reculé de 9 %, terminant l’année autour de 4 050 ringgits la tonne, alors qu’ils avaient progressé de 20 % en 2024.
Les perspectives avaient été assombries par la décision de l’Indonésie de renoncer à l’introduction du diesel B50, un carburant qui devait contenir 50 % de biodiesel à base d’huile de palme. Le gouvernement a finalement maintenu le programme B40, qui limite le mélange à 40 %, évoquant des difficultés techniques et financières.
À cela s’ajoute une nouvelle politique fiscale. Depuis le 1er mars, Jakarta a relevé les taxes et redevances à l’exportation sur l’huile de palme, faisant passer le prélèvement de 165,85 à 241,36 dollars par tonne. Une mesure qui pourrait encourager les acteurs du secteur à privilégier le marché intérieur et réduire les volumes destinés à l’exportation.
Dans les semaines à venir, les analystes surveilleront également l’évolution de la demande en Inde. Les importations d’huile de palme dans le pays ont progressé de 10,1 % en février, atteignant 844 000 tonnes, leur niveau le plus élevé depuis six mois. Mais la remontée des prix pourrait freiner cet élan et redonner un avantage à l’huile de soja, dont l’offre mondiale reste abondante.
