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Affaire Norbert Zongo : la France annule le décret d’extradition de François Compaoré

Les relations tendues entre la France et le Burkina Faso depuis l'arrivée du Capitaine Ibrahim Traoré à la tête du pays par un coup d'Etat, s'étendent sur l'affaire de l'assassinat en 1998 du journaliste burkinabè d'investigation Norbert Zongo. Le jeudi 13 décembre dernier, Paris a décidé d’annuler le décret d’extradition de François Compaoré, principal accusé dans l'affaire vers le Burkina Faso.

Petit frère de Blaise Compaoré, l’ex-président du Burkina Faso, renversé par une insurrection populaire en 2014, François Compaoré ne sera plus extradé au Burkina Faso pour y être jugé dans le cadre de l’affaire de l’assassinat de Norbert Zongo. En effet, condamné au Burkina Faso dans le présent dossier, il s’était exilé en France depuis la chute du régime de Blaise Compaoré en 2014.

Les autorités burkinabè avaient alors saisi la France à l’effet d’une extradition. Une démarche que le petit frère de Blaise Compaoré a dénoncée saisissant à son tour, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour annuler son extradition vers le Burkina. Après examen de la requête, la CEDH a plaidé en faveur de François Compaoré en suspendant temporairement le décret portant extradition vers le Burkina. Mais le jeudi 13 décembre dernier, Paris prend une décision historique d’une rareté visiblement établie : le décret de l’extradition de François Compaoré vers le Pays des Hommes intègres est annulé.

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Vers un durcissement des relations entre Paris et Bamako

Depuis l’arrivée d’Ibrahim Traoré à la tête du Burkina Faso, les relations entre Ouagadougou et Paris sont très enrhumées. En effet, confronté à une grave crise sécuritaire depuis près de 10 ans maintenant, le Burkina a estimé que la France ne jouait pas franc-jeu dans sa coopération sécuritaire. Dès lors, les autorités de la transition ont pris une série de décisions pour rompre le partenariat avec la France dans plusieurs domaines sécuritaire. Il en fut de même sur le volet diplomatique et économique.

La présente décision qui; faut-il le rappeler, intervient dans un contexte déjà tendu entre la France et le Burkina Faso vient sans doute alourdir les inquiétudes sur les perspectives. Le dossier Norbert Zongo étant l’un des plus emblématiques au pays désormais sous régime militaire, les nouvelles autorités qui pour l’heure, n’ont encore donné aucune réaction pourraient toutefois chercher à apporter une réplique.

Norbert Zongo a trouvé la mort en 1998 alors qu’il enquêtait sur une affaire dans laquelle le nom de François Compaoré revenait avec insistance. Le journaliste d’investigation était une référence dans son domaine. Durant toute sa carrière, il a grandement participé à mettre en lumière certaines dérives du pouvoir Compaoré. Sa mort avait ébranlé le pouvoir de Blaise Compaoré provoquant du même coup des bouleversements majeur dans le monde judiciaire burkinabè.

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