Au Bénin, la Commission électorale nationale autonome (Céna) a proclamé, dans la nuit du 13 au 14 avril 2026, les résultats provisoires de l’élection présidentielle. Le candidat de la mouvance, Romuald Wadagni, l’emporte largement avec 94 % des suffrages exprimés, contre environ 6 % pour Paul Hounkpè, candidat de la Force Cauris pour un Bénin Émergent.
Bénin : Romuald Wadagni élu président avec un score porté par un large consensus national
C’est à tout point de vue une première au Bénin. Jamais à une présidentielle, un candidat n’a obtenu autant de voix depuis l’ère du renouveau démocratique en 1990. En effet, candidat de la majorité à la présidentielle qui s’est déroulée dimanche 12 avril 2026, Romuald Wadagni, ministre d’État en charge de l’Économie et des Finances succède désormais à Patrice Talon pour un mandat de sept ans, sous réserve de la proclamation définitive attendue de la Cour constitutionnelle.
Au-delà des chiffres proclamés par la CENA, ce résultat étonne et renvoie de nombreux observateurs à des interrogations diversement exprimées. Pour les uns, c’est le reflet d’un large consensus national qui s’est progressivement construit autour de la candidature de Romuald Wadagni. Et pour les autres, c’est simplement la preuve de l’adhésion des Béninois à la dynamique de développement engagée par l’administration Talon de 2016 jusqu’à ce jour.
Et en dehors des membres de l’Union Progressiste le Renouveau et le Bloc Républicain qui sont les principaux partis soutiens du pouvoir, des acteurs politiques, autrefois “ardents pourfendeurs, ndlr” du régime finissant partagent eux aussi cette lecture. D’ailleurs, certains d’entre eux, précédemment membres du parti Les Démocrates, opposants hier à Patrice Talon, se sont montrés très actifs dans la campagne du dauphin de ce dernier. C’est le cas par exemple de Guy Mitokpè, Eric Houndété, Jude Lodjou, Chabi Yayi pour ne citer que ceux-là. Et avant eux, une vague de six députés du parti avaient déjà démissionné à la veille des élections communales et législatives pour rejoindre le camp au pouvoir.
On note entre autres, Michel Sodjinou, Joël Godonou, et Constant Nahum. Dans le même contexte, le parti Les Démocrates aujourd’hui dirigé par Nourénou Atchadé a pris pour sa part, la décision de laisser la liberté de vote à ses militants. Le principal parti d’opposition dans le pays n’a pas appelé à un boycott du scrutin. Par ailleurs, diverses centrales syndicales et de nombreux mouvements de soutien ont également affiché, au fil de la campagne, leur proximité avec le projet porté par le candidat de la mouvance.
Je serai le président de tous les Béninois.
Romuald Wadagni
Une preuve de consensus national particulier qui a, à certains moments, nourri des interrogations sur l’issue du scrutin. D’aucuns allaient jusqu’à recommander à Paul Hounkpè de renoncer à la course, tant le rapport de forces semblait déséquilibré.
Dans un geste salué par l’UP le Renouveau et le Bloc Républicain, le challenger du nouveau président béninois élu n’a d’ailleurs pas attendu la publication officielle des résultats pour reconnaître sa défaite et féliciter son adversaire dans un communiqué publié lundi 13 mars soir.
Le scrutin, qui s’est déroulé sur l’ensemble du territoire national, a enregistré un taux de participation estimé à près de 59 %, en hausse par rapport à la présidentielle de 2021. Malgré quelques tentatives de perturbation signalées dans certaines localités du nord, les autorités électorales ont assuré que le vote s’est globalement tenu dans de bonnes conditions.
Cependant, la mission d’observation de la CEDEAO, présidée par l’ancien président ghanéen Nana Akufo-Addo a noté quelques irrégularités dans sa déclaration préliminaire rapportée par Africaho.
