Les exportations de fèves de soja du Bénin ont été multipliées par près de 200 au premier semestre 2026 par rapport à la même période de 2025. Les graines de coton et le coton-fibre affichent également des progressions notables, relançant la question de la valorisation des productions agricoles et de leur transformation locale.
Exportations agricoles au Bénin : le soja multiplié par près de 200 en un an
Le commerce extérieur agricole béninois enregistre une évolution remarquable au cours des six premiers mois de 2026. Selon le bulletin mensuel de septembre 2026 du Système d’information sur les marchés agricoles (Sim-Agricole), publié par la Cellule technique de suivi et d’appui à la gestion de la sécurité alimentaire (Ct-Sagsa), les volumes de fèves de soja exportés ont été multipliés par près de 200 sur un an. Les expéditions de graines de coton ont, quant à elles, progressé de 81 %, contre 17 % pour le coton-fibre.
C’est un rebond des exportations de plusieurs produits agricoles, après une année 2025 caractérisée par la faiblesse des ventes extérieures, notamment pour le soja et les graines de coton. La hausse des volumes de soja s’inscrit dans un contexte d’augmentation de la production nationale. Ce qui offre davantage de possibilités d’écoulement aux producteurs, collecteurs et exportateurs.
Toutefois, une production abondante ne garantit pas à elle seule de meilleurs revenus. Les retombées économiques dépendent aussi des prix obtenus, des coûts de production et de transport ainsi que des conditions de commercialisation.
La transformation locale en ligne de mire
La progression des exportations de graines de coton et de coton-fibre confirme que la dynamique concerne plusieurs filières. Elle pose néanmoins la question de la valeur ajoutée que le Bénin peut tirer de ses productions avant leur expédition vers les marchés extérieurs.
L’exportation de produits bruts permet d’écouler des volumes importants. La transformation locale pourrait cependant élargir les retombées économiques, notamment par la création d’emplois, le développement d’entreprises et la commercialisation de produits à plus forte valeur ajoutée.
Pour le soja, cette transformation peut notamment porter sur la production d’huile, de tourteaux destinés à l’alimentation animale et d’autres dérivés. Dans la filière cotonnière, la valorisation des fibres et des sous-produits offre également des possibilités de diversification industrielle.
Ces perspectives restent toutefois tributaires des capacités de transformation disponibles, des investissements nécessaires, de la demande et de la compétitivité des entreprises. Si la hausse des volumes exportés constitue un signal encourageant pour le commerce extérieur béninois, l’enjeu est désormais de la convertir en gains économiques durables, au bénéfice des producteurs et de l’ensemble des acteurs des filières agricoles.
