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Transition en Guinée : l’Eglise catholique adresse une lettre ouverte à Mamadi Doumbouya

En Guinée, l'Église catholique a pris position sur la gestion de la transition politique en adressant une lettre ouverte aux autorités. Dans sa correspondance, la Conférence épiscopale de Guinée appelle les autorités à «clarifier» le «calendrier de la transition».

L’Église Catholique guinéenne exprime des inquiétudes sur la transition conduite par Mamadi Doumbouya au pouvoir depuis bientôt trois ans. Dans une lettre ouverte écrite depuis mai, mais publiée seulement lundi 1er juillet par des sites d’information, l’Eglise exhorte fermement les dirigeants à clarifier de manière urgente le calendrier de la transition, y compris son programme, sa stratégie et ses objectifs. La présente correspondance citée par RFI, vise notamment à établir un dialogue inclusif entre les différentes parties prenantes, notamment les partis d’opposition et la société civile.

Les évêques soulignent une série de défis alarmants auxquels fait face le pays, incluant le chômage croissant, l’inflation, les pénuries d’eau et d’électricité, ainsi que l’insécurité grandissante. Ils expriment leur préoccupation quant à l’absence de gouvernance claire dans un pays « sans gouvernail », ce qui alimente l’incertitude et l’inquiétude parmi la population.

Selon le père Louis Gbilimou, secrétaire général de la conférence épiscopale guinéenne, le message de la lettre reste d’actualité et urgent. Il met en garde contre le risque de troubles sociaux résultant du manque de transparence sur le calendrier de la transition, déjà marqué par des appels à la grève de la part de certains partis politiques. Les évêques appellent également les autorités à briser leur silence, qui selon eux, ne fait qu’accroître l’angoisse et la peur parmi la population. Ils appellent à un apaisement des tensions et à un dialogue constructif pour éviter une escalade qui pourrait compromettre la stabilité sociale et politique du pays.


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La nostalgie de son arrivée au pouvoir

Le 5 septembre 2021, des hommes d’armes commandés par le Colonel Mamady Doumbouya, ancien légionnaire de l’armée française, ont annoncé à la télévision et radio nationale guinéenne avoir pris le dessus sur la garde présidentielle à Kaloum dans la capitale de la Guinée, Conakry. «Nous avons décidé, après avoir vu le Président -qui est avec nous- de dissoudre la constitution en vigueur, dissoudre le gouvernement et la fermeture des frontières terrestres et aériennes», a déclaré Mamady Doumbouya.

Le général Mamady Doumbouya, chef du Groupement des forces spéciales (GPS), une unité d’élite de l’armée aussi bien entrainée qu’équipée, a justifié ce revirement politique par «le dysfonctionnement des institutions républicaines», «l’instrumentalisation de la justice» et «le piétinement des droits des citoyens». Il a invité toute l’armée à l’unité « afin de répondre aux aspirations légitimes du peuple guinéen ».


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La désillusion des guinéens

Arrivée au pouvoir presque avec admiration, Mamady Doumbouya a très vite perdu l’enthousiasme qui animait les guinéens. À la presse qui dénonce en ce qui la concerne un musèlement aux forces d’opposition qui dénoncent pour leur part, une transition sans limite, vient ainsi s’ajouter la série d’inquiétudes notamment exprimées par l’Eglise catholique. Faut-il le rappeler, le 5septembre prochain, le général Doumbouya bouclera trois années à la tête de la transition enclenchée pour « mettre la Guinée sur les rails ». Que se passera-t-il après ? Les prochains mois devraient pouvoir édifier l’opinion publique.

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