À l’occasion de la 15ᵉ édition de la Journée internationale de la Fille (JIFI), le Bénin a réaffirmé sa volonté de renforcer la protection des filles et d’accélérer la lutte contre le mariage des enfants. Réunis mardi 6 octobre 2026 à Cotonou, autorités, partenaires, acteurs de la société civile et représentantes des enfants ont insisté sur la nécessité d’investir davantage dans les droits et le leadership des filles.
Mariage des enfants au Bénin : 336 cas enregistrés, le gouvernement appelle à renforcer la riposte
Le Bénin maintient le cap dans la lutte contre le mariage des enfants. Le ministère de la Famille et de l’Action sociale a marqué, mardi 6 octobre 2026, la 15ᵉ édition de la Journée internationale de la Fille. La cérémonie s’est tenue à l’hôtel Novotel Orisha de Cotonou autour du thème : « Mettre fin au mariage d’enfants : investir dans les droits des filles et soutenir leur leadership pour un avenir meilleur ».
Membres du Gouvernement, représentants des institutions de la République, du Système des Nations Unies, partenaires techniques et financiers, organisations de la société civile et représentants des communautés ont pris part aux échanges, aux côtés de nombreuses filles.
Pour cette édition, les principales concernées ont donné le ton aux travaux. Kponon Auréole, trésorière générale du Conseil consultatif départemental des enfants du Littoral, a porté la voix des filles en mettant en avant leurs attentes en matière de protection, d’éducation et de participation à la prise de décision.
La Directrice générale de l’Action sociale, Nadège Ahoga, a ensuite présenté les avancées enregistrées par le Bénin dans la promotion et la protection des droits des filles.
Au nom du Système des Nations Unies, le Coordonnateur résident de l’UNICEF, Ousmane Niang, a appelé à des « investissements ciblés, intégrés, fondés sur les données et pérennes ». Un appel également soutenu par le Groupe thématique Genre et Protection sociale, sous le leadership de l’Ambassadrice du Canada.
Le financement au cœur de la lutte contre le mariage des enfants
Les échanges se sont poursuivis autour du Programme national de lutte contre le mariage des enfants (PNLME), adopté en Conseil des ministres le 3 septembre 2025.
La table ronde consacrée à ce programme a notamment permis d’aborder les conditions de sa mise en œuvre, avec un accent particulier sur la mobilisation des ressources et la pérennisation des financements.
Représentante des enfants au sein du panel, Bignon Laura Violenne Sohou, présidente du Conseil consultatif national des enfants du Bénin, a invité les partenaires à intégrer davantage les priorités exprimées par les enfants.
Son intervention a trouvé un écho favorable auprès du ministre de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette, Hugues Oscar Lokossou. Celui-ci a annoncé trois engagements visant à soutenir durablement la lutte contre le mariage des enfants : sécuriser les ressources nationales, inscrire les financements des partenaires techniques et financiers dans la durée et adapter les instruments financiers aux mécanismes de financement à impact social.
336 cas enregistrés en 18 mois
Dans son discours de clôture, la ministre de la Famille et de l’Action sociale, Véronique Tognifodé, a rappelé l’ampleur du défi. Selon les données de la Ligne d’Assistance aux Enfants (LAE), 336 cas de mariage d’enfants ont été enregistrés entre janvier 2025 et juin 2026. « Ces chiffres sont un appel à maintenir les actions en cours et à accroître nos efforts », a déclaré la ministre.
Véronique Tognifodé a réaffirmé la détermination du Gouvernement à faire de la protection et de la promotion des filles une priorité de l’action publique. Elle a également appelé l’ensemble des acteurs à renforcer la prévention, à dénoncer les tentatives de mariage d’enfants et à intensifier la protection des filles.
Pour la ministre, la lutte passe aussi par une évolution des normes et pratiques culturelles qui peuvent favoriser la persistance du phénomène. La cérémonie s’est achevée sur une note artistique avec une prestation de Pépé Oléka, après les remerciements adressés aux différents partenaires et au ministre Hugues Oscar Lokossou pour les engagements annoncés.
Au-delà de la célébration, cette 15ᵉ édition de la JIFI aura ainsi servi de cadre pour rappeler que la lutte contre le mariage des enfants nécessite des ressources durables, une action coordonnée et, surtout, une participation réelle des filles aux décisions qui concernent leur avenir.
