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Présidentielle 2026 au Bénin: Boko-Djogbénou, l’épine dans le pied du camp Talon

Au Bénin, les citoyens seront appelés aux urnes en 2026 pour les élections générales avec les législatives couplées aux communales et municipales dans un premier temps, et ensuite l’élection présidentielle qui pour sa part, focalise déjà toutes les attentions. A trois ans de ce scrutin qui devra consacrer la succession de Patrice Talon en fin de mandat, le camp du président sortant bouillonne et fourbit ses armes. Entre Olivier Boko, identifié par les béninois eux-mêmes comme le plus proche du président sortant et Joseph Djogbénou, le bras juridique qui aura participé à insuffler les plus grandes reformes enregistrées au Bénin depuis 2016, les manœuvres de couloir se jouent, mais pas encore sur la place publique.

 

Le Bénin, “petit pays” francophone d’Afrique de l’Ouest avec ses treize millions d’habitants environs selon les chiffres de plusieurs organes démographiques en 2023, s’apprête à vivre d’ici trente-deux (32) mois, un tournant décisif de son histoire politique. En 2026, les citoyens iront aux urnes à l’occasion des élections générales pour désigner de nouveaux élus, tant dans les conseils communaux, tant à l’Assemblée Nationale, qu’au Palais de la Marina.

Selon le calendrier électoral retenu pour l’instant, et ce, en fonction du nouveau code électoral adopté le lundi 3 septembre 2018 au parlement, les citoyens béninois seront appelés le 11 janvier 2026 aux urnes pour les législatives couplées avec les communales et municipales. Les députés élus à l’issue de ces scrutins couplés seront installés le 6 février 2026. En ce qui concerne l’élection présidentielle, le dépôt des dossiers de candidature démarre le 6 février 2026. Le 1er tour de l’élection présidentielle est fixé au 12 avril 2026. En cas de 2è tour, il se tiendra le 10 mai 2026. A la suite de ces “éventuels” différentes étapes pour lesquelles, les acteurs politiques de tous les bords se préparent déjà, le nouveau président de la République élu à l’issue de l’élection présidentielle prendra fonction le 24 mai 2026.

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La vague de suscitations de candidatures

Contrairement à la culture politique autrefois observée au Bénin où, les hostilités s’ouvrent un peu plus tard pour la succession de tout président en fin de mandat, une ferveur d’ailleurs jugée “précoce” a embrasé l’opinion publique notamment sur les réseaux sociaux. Deux ans à peine après son investiture pour un second mandat, Patrice Talon a sans doute observé dans son camp – à moins qu’il n’ait pas voulu le voir – l’impatience de certains de ses proches à entrevoir déjà l’après-lui.

Déjà à la veille des législatives de janvier 2023, une rumeur persistante et fortement entretenue notamment au sein de l’Union Progressiste le Renouveau, a positionné Joseph Djogbénou comme le joker de Patrice Talon pour prendre le perchoir. Il s’est susurré au sein de l’opinion publique, que ce dernier qui pour rappel, a rendu mardi 12 juillet 2022, sa démission de la Cour constitutionnelle pour se préparer à accéder ensuite à la magistrature suprême en 2026. Mais tout ceci, va sembler être une grosse illusion avec l’élection compliquée de l’avocat personnel de Patrice Talon, dont l’implication présumée dans une affaire de tentative d’empoisonnement contre le Président Boni Yayi a défrayé la chronique entre 2014 et 2016.

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En dehors de ce magistrat, devenu quelques jours seulement après sa démission, président de l’Union Progressiste, devenue plus tard Union Progressiste le Renouveau avec la fusion de l’ex-PRD du patriarche Adrien Houngbédji, des images, posters, affiches et supports de communication d’autres figures connues pour l’emblème qu’elles constituent dans le sérail de Patrice Talon, ont investi les réseaux sociaux. De Romuald Wadagni à Olivier Boko, la liste n’est vraiment pas élargie, surtout avec les sorties des deux personnalités pour se dédouaner d’ètre déjà entrain de préparer chacun de son côté, la succession du précurseur de la rupture.

En toute sincérité, il est celui dont la candidature rassemblera aisément toutes les tendances au sein de la mouvance et même en dehors.

Oswald Homéky

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Olivier Boko, la grande attraction

A trois ans du scrutin présidentiel qui devra ainsi consacrer la succession de Patrice Talon, c’est déjà l’effervescence au sein de la mouvance présidentielle. Sur les réseaux sociaux et dans les médias, c’est un profil tout dressé, et savamment détaillé qui submerge toutes les velléités de suscitation de candidatures: celui de l’homme d’affaires, Olivier Boko, connu pour être partout et nulle part dans le système. Un ballon d’essai ou une pilule préventive à une fatalité qui va se concrétiser à l’issue de la présidentielle de 2026?

A cette question, Oswald Homéky, ministre des sports a apporté une réponse qui tranche visiblement avec les doutes sur l’objectif de la ferveur autour du nom de l’homme d’affaires. « Olivier BOKO est le mieux préparé de nous tous. S‘il décide d’être candidat en 2026, toutes les autres ambitions devront s’éclipser », a fait observer l’autorité ministérielle, par ailleurs l’un des fondateurs de la “philosophie rupturienne”, informé sans doute de ce qui n’est pas accessible au public et même pas aux médias.

J’observe beaucoup de mouvements et beaucoup d’agitations qui se focalisent sur une année en oubliant celles qui la précèdent. Je pense que nous gagnerions à nous concentrer plus sur celles-ci que sur celle-là.

Joseph Djogbénou

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La réplique à grand écho

Interrogé sur ces tractations et surtout sur la position de l’UP le Renouveau quant au candidat du parti en 2026, Joseph Djogbénou choisit la prudence et fait dans la tempérance. « L’Union progressiste le renouveau, à travers ses instances, décidera le moment opportun de ses choix et continuer à être les soldats de la protection de notre démocratie », a répondu le président du parti, dans une interview publiée par Fraternité ce lundi 04 septembre 2023.

D’après lui, le parti est pour le moment « aux côtés du président de la République pour contribuer à la réalisation du Programme d’action du gouvernement ». Joseph Djogbénou ne veut surtout pas de précipitation. « La Commission électorale nationale autonome (CENA) et les institutions de notre Etat n’ont pas lancé un processus électoral. Gardons-nous de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué », recadre-t-il.

S’agissant des mouvements et regroupements qui se font actuellement par rapport à 2026, l’ancien président de la Cour constitutionnelle appelle à la patience. « J’observe beaucoup de mouvements et beaucoup d’agitations qui se focalisent sur une année en oubliant celles qui la précèdent. Je pense que nous gagnerions à nous concentrer plus sur celles-ci que sur celle-là », tempère-t-il.

Cette posture qui confirme au grand jour, les jeux de couloir qui se font déjà au sein de la mouvance présidentielle, vient davantage en rajouter à la persistante question qui agite l’opinion publique. Comment le camp Talon va-t-il s’en sortir en 2026 avec toutes ces ambitions politiques ?

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