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Sommet de la CEDEAO : les chauds dossiers sur la table de l’institution amputée de plusieurs membres

Les dirigeants des onze pays membres non suspendus de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) se réunissent à Abuja pour un sommet extraordinaire, au cours duquel plusieurs questions délicates seront abordées. Voici les principaux enjeux de cette rencontre du samedi 24 février.

Le sommet extraordinaire de la Cédéao, qui intervient dans un contexte de turbulences, sera marqué par des discussions de grande envergure pour la sous-région ouest-africaine. Parmi les sujets à l’ordre du jour figurent la levée des sanctions infligées au Niger après le coup d’État de juillet dernier et la séquestration du président Mohamed Bazoum. Une question également délicate concerne la déclaration de sortie immédiate de la Cédéao par le Burkina Faso, le Mali et le Niger. La situation au Sénégal pourrait également être abordée, malgré un ordre du jour formulé de manière suffisamment vague pour éviter toute tension avec la délégation sénégalaise.

Le sommet, qui survient à peine trois jours après l’appel solennel d’Abuja du général Yakubu Gowon, dernier survivant parmi les fondateurs de la Cédéao, promet d’être un moment décisif. Les absences notables du Burkina Faso, de la Guinée, du Mali et du Niger soulignent l’ampleur des défis auxquels l’organisation est confrontée.

La rédaction du communiqué final de ce sommet du 24 février 2024 prendra une importance particulière. Les onze pays encore membres actifs devront décider s’ils soutiennent la sortie annoncée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger ou s’ils cherchent des termes de réconciliation envers ces États qui ont ouvertement déclaré leur sécession.


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L’intervention militaire au Niger, déjà rangé dans les placards ?

Un autre point crucial concerne la poursuite ou non du blocus en vigueur sur le Niger, huit mois après la menace de déploiement d’une force armée dans le pays par la Cédéao. Les chefs d’État examineront également une lettre des avocats du président Bazoum, demandant sa libération, une demande jusqu’ici rejetée par le chef du régime militaire, le général Abdourahamane Tiani.

Le retrait récent du Niger de la Cédéao ne semble pas exonérer Niamey de ses obligations envers les décisions de la Cour de justice de la Cédéao. Les avocats du président Bazoum appellent à une déclaration ferme de la conférence exigeant la libération de leurs clients conformément à la décision de la cour.

Enfin, la question d’une discussion ouverte sur la situation politique au Sénégal, en présence du président Macky Sall, reste en suspens. Les chefs d’État, liés par les mots forts de Yakubu Gowon, auront l’opportunité d’aborder cette question délicate au cours du sommet de la Cédéao.

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