A LA UNEAFRIQUEEconomie

Tabaski en Afrique de l’Ouest : entre coût de la vie élevé et préparatifs intenses

En Afrique de l'Ouest, la communauté musulmane s'apprête à célébrer la Tabaski à partir de ce dimanche 16 juin 2024. Dans diverses régions, cette fête religieuse est marquée par des défis économiques et des préparatifs significatifs.

La Tabaski, telle qu’elle est a souvent été célébrée autrefois partout en Afrique, intervient cette année dans un contexte particulièrement marqué par la cherté de la vie. À Malanville, commune frontalière du Bénin avec le Niger par exemple, l’approvisionnement en moutons pour la Tabaski se poursuit malgré la fermeture de la frontière nigérienne. Sur les sites de vente de l’animal précieux, le constat prend divers fondements. En effet, le marché au bétail est d’ailleurs approvisionné principalement en provenance du Niger et du Nigeria.

Cependant, la hausse des prix, résultant de la fermeture de la frontière, rend l’achat difficile pour de nombreux habitants. Goumbi Sina, secrétaire général du comité de gestion du marché, interrogé par RFI, note que les prix ont augmenté, affectant le pouvoir d’achat des consommateurs locaux.

Dans les marchés comme à Malanville, les effets de la situation se font sentir dans toutes les sections. Une fonctionnaire, mère de quatre enfants, témoigne de l’augmentation des prix des produits de base tels que la tomate et les épices, importés du Niger. Malgré les difficultés économiques, elle souligne la résilience des familles qui tentent de maintenir les traditions malgré les contraintes financières.


LIRE AUSSI : Aïd el kabir 2024 : le 16 juin déclaré férié, chômé et payé au Bénin


Une fête de grands préparatifs

À Abidjan, en Côte d’Ivoire, la Tabaski est également une période de grands préparatifs. Les fidèles se préparent en achetant de nouveaux vêtements pour marquer l’occasion. Les couturiers d’Adjamé, comme Lassina Bamba et Abdoulaye, sont très sollicités pendant cette période. Cependant, cette année, ils font face à une baisse d’affluence due à divers facteurs, y compris la réinstallation de nombreux habitants après la destruction de leurs maisons, ce qui a dispersé la clientèle traditionnelle.

Abdoulaye, exprimant une préoccupation plus large, note également la difficulté de trouver une main-d’œuvre qualifiée en couture, une compétence en déclin parmi les jeunes. Cette situation pousse certains couturiers à diversifier leur offre vers le prêt-à-porter pour répondre aux attentes changeantes de leur clientèle.

La Tabaski 2024, malgré ses défis économiques, demeure une célébration profondément ancrée dans les traditions et la foi des communautés musulmanes à travers l’Afrique de l’Ouest.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page