Terrorisme au Niger : des chiffres qui contredisent le général Tiani qui veut rugir !

Paul Danongbe
6 min
Abdourahamane Tiani, Président du Niger

Abdourahamane Tiani, président du Niger fait l’objet de vives critiques depuis ses accusations contre les présidents français, ivoirien et béninois. La fermeture de la frontière avec le Bénin, le nombre d’attaques enregistrées depuis son arrivée au pouvoir, les zones les plus touchées au Niger, etc. Des chiffres qui jettent du discrédit sur les propos du général.

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Niger : la dure vérité des chiffres face aux accusations du général Tiani

Arrivé au pouvoir en juillet 2023 par un coup d’Etat contre le président Mohamed Bazoum, le général Tiani dirige le Niger d’une “main de force” avec une gouvernance à diverses variantes. Avec un programme contenu dans la charte de la transition qu’il a dirigée en tant que chef du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), avant d’être officiellement investi mercredi 26 mars 2025, président de la République du Niger, le dirigeant militaire a engagé son pays dans une rupture diplomatique avec nombre de pays de la CEDEAO.

La Côte d’Ivoire, le Nigeria et tout particulièrement le Bénin, restent visiblement à cette date, les cibles principales de cette rupture diplomatique dans laquelle, le président nigérien s’est engagé. Le Bénin a pour sa part, régulièrement été accusé par le pouvoir de Niamey d’abriter des bases militaires françaises dont le but serait de déstabiliser le Niger. Conséquence directe, Abdourahamane Tiani et ses hommes ont maintenu les frontières terrestres de Malanville fermées en exécution des mesures de sanctions de la CEDEAO, et ceci, malgré les nombreuses assurances et actions diplomatiques menées du côté béninois.

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D’ailleurs, en mai 2024 où ces accusations ont éclaté, Patrice Talon a exprimé son étonnement les qualifiant de «ridicules», et surtout niant toute présence d’une base française au Bénin. Réagissant aux propos de Lamine Zeine, le premier ministre nigérien qui a porté pour la première fois ces accusations, le Chef de l’Etat béninois n’a pas non plus manquer d’expliquer que le Bénin n’avait strictement aucun intérêt à déstabiliser le Niger qu’il considère comme un pays frère.

Macron, Ouattara et Talon accusés de “sponsoriser les terroristes” au Niger

Déjà dans une posture tranchée avec la France, la Côte d’Ivoire, le Bénin et bien d’autres pays de la sous région, le général Tiani a enfoncé le clou au lendemain de l’attaque de l’aéroport de Niamey. « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment à Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara : nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rougir », a laissé entendre le président nigérien.

En effet, au petit matin du 29 janvier, l’aéroport international Diori-Hamani a été le théâtre de tirs et de détonations entendus. Et selon plusieurs témoignages concordants de riverains, des tirs nourris ont éclaté peu après minuit, plongeant les quartiers voisins dans une atmosphère de tension avant un retour progressif au calme en milieu de nuit. Et en réaction, le Niger a directement accusé Paris, Abidjan et Cotonou d’etre les soutiens financiers des groupes terroristes. Mais quelques heures après ces accusations qui n’ont pas manqué d’avoir des réactions dans les pays cités, le JNIM a revendiqué l’attaque.

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Tiani en plein fourvoiement ?

Pour de nombreux observateurs qui ont considéré ces propos comme étant extrêmement graves et facteurs d’incidents diplomatiques, le général Tiani a “délaissé le serpent pour battre les feuillages”. Un peu comme pour dire clairement que l’insécurité qui étend ses ailes au Niger a son fondement bien ailleurs, non dans les pays que le pouvoir militaire indexe sans ménagement.

Selon Heni Nsaibia, chercheur spécialiste du Sahel pour l’Acled, une ONG qui recense les victimes de conflits dans le monde, la région la plus touchée au Niger en matière d’agressions terroristes est Tillabéri, une région qui se trouve entre les trois frontières des pays de l’Alliance des États du Sahel que sont le Mali, le Burkina Faso et le Niger. « L’année 2024 a été particulièrement meurtrière, avec près de 1 900 morts, et en 2025 on a déjà dépassé ce chiffre, notamment pour les civils. Si l’on compare les deux années avant et après le coup d’État de juillet 2023, on observe environ 1 700 morts supplémentaires, ce qui illustre la dégradation de la situation sécuritaire », a d’ailleurs affirmé le chercheur à DW dans une parution en date du 18 septembre 2025.

Ce qui sous tend alors que les canaux exploités par les groupes d’hommes armés non identifiés pourraient être intérieurs à ces pays et non portés ou financés par la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin.

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