Au Mali, les attaques ciblées du samedi 25 avril 2026 ont couté la vie au ministre de la défense, le général Sadio Camara. Malgré les assurances du gouvernement, les populations elles, vivent entre activités économiques au ralenti, reconfiguration militaire dans le pays, et une peur qui demeure.
Mali : après les attaques meurtrières, l’inquiétude persiste malgré un retour progressif au calme
Le Mali tente de retrouver un semblant de normalité après les attaques coordonnées qui ont frappé plusieurs localités du pays et provoqué la mort du ministre de la Défense, le général Sadio Camara. Si un calme relatif semblait revenir dimanche 26 avril dans certaines zones touchées, la population reste profondément marquée par la violence des affrontements et redoute une aggravation de l’instabilité sécuritaire.
À Kati, bastion militaire situé à proximité de Bamako, de nouveaux coups de feu ont encore été signalés dans la journée de dimanche. La ville demeure sous le choc après l’attaque particulièrement meurtrière qui a visé le ministre de la Défense. Selon les informations disponibles rapportés par plusieurs médias locaux dont , les assaillants ont utilisé un véhicule piégé chargé d’explosifs, provoquant la mort de plusieurs personnes, dont le ministre, et causant d’importants dégâts matériels dans les environs.
Une psychose persistante à Kati
Dans cette ville stratégique, les habitants peinent à reprendre leurs activités. Le grand marché est resté fermé pendant une bonne partie de la journée et de nombreux commerçants ont préféré garder leurs boutiques closes, craignant une reprise des violences.
Le traumatisme est d’autant plus fort que les habitants disent redouter la présence d’assaillants encore en fuite dans la zone. Même si les tirs ont diminué en intensité, la psychose reste palpable dans cette localité considérée comme l’un des centres névralgiques du pouvoir militaire.
À Bamako, distante d’une quinzaine de kilomètres, le calme est globalement revenu, même si la tension reste perceptible dans la capitale. Dans le centre du pays, notamment à Mopti, les activités reprennent progressivement, mais la population demeure préoccupée par la dégradation du climat sécuritaire.
Les habitants appellent les autorités militaires à renforcer davantage le dispositif sécuritaire pour éviter une extension des violences et garantir une stabilisation durable des zones affectées.
Revers stratégique à Kidal
Dans le nord du pays, la situation militaire a également connu une évolution majeure avec la reprise de Kidal par les rebelles du Front de libération de l’Azawad. La ville, reconquise par l’armée malienne en novembre 2023 avec l’appui de mercenaires russes, échappe de nouveau au contrôle de Bamako.
Selon plusieurs sources, les combattants russes présents sur place ont obtenu l’ouverture d’un corridor humanitaire afin de quitter leurs positions. Ce retrait est perçu comme un revers important pour les forces loyalistes, déjà fragilisées par la multiplication des fronts.
Gao et le Nord sous surveillance
À Gao, autre ville ciblée par les attaques coordonnées, des dégâts matériels restent visibles sur plusieurs infrastructures sécuritaires. Malgré cela, les activités économiques reprennent timidement et les autorités locales misent sur la coopération entre populations civiles et forces de défense pour maintenir la stabilité.
Dans l’ensemble du pays, la séquence de ces derniers jours ravive les inquiétudes sur la capacité des autorités de transition à contenir la montée simultanée des offensives rebelles et jihadistes, dans un contexte sécuritaire déjà extrêmement dégradé.
