“Le Sénégal n’a pas à se justifier”, Ousmane Sonko répond aux critiques sur la loi antihomosexualité 

Paul Danongbe
3 min
Ousmane Sonko, président de l'Assemblée nationale du Sénégal

Ousmane Sonko a répondu ce lundi 15 juin 2026 sur  RFI et France 24 aux critiques de l’Occident et des organisations de défense des droits humains sur le durcissement de la loi sur l’homosexualité au Sénégal. Le président de l’Assemblée nationale a livré une réponse sans détour rappelant la souveraineté de son pays.

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Homosexualité au Sénégal : Ousmane Sonko met fin aux critiques sur la loi adoptée au parlement

“Il n’y a pas de chasse aux homosexuels”, c’est la réponse lancée par Ousmane Sonko dans son entretien diffusé ce lundi sur France 24 et RFI. Réagissant aux critiques des Nations Unies et de la France sur la loi promulguée le 30 mars dernier par le président Bassirou Diomaye Faye, le chef du parlement a d’abord rappelé que la présente loi est de l’époque du président Léopold Sédar Senghor. Une loi ancienne, pas une nouveauté donc, martèle Ousmane Sonko.

Ce qui aurait changé récemment, selon lui, ce ne sont pas les incriminations elles-mêmes, mais les peines, désormais plus sévères. “La loi, elle n’est pas venue avec nous, elle est là”, insiste-t-il, déplaçant ainsi la responsabilité historique loin de son propre camp politique, le Pastef. Contrairement aux appréhensions de l’Occident qui n’évoque que le caractère répressif de la loi, l’ancien premier ministre avance ensuite les cas de transmission du VIH, un argument central selon lui occulté par les voix critiques de la présente loi.

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Pour lui, c’est précisément cette dimension sanitaire qui a motivé, en amont du vote sur le durcissement des peines, les premières vagues d’arrestations. “La presse occidentale semble vouloir occulter ce deuxième aspect qui est extrêmement important”, affirme-t-il, avant de reprocher implicitement aux médias internationaux de réduire le débat à une seule lecture. Celle des droits des minorités sexuelles qui laissent en effet, de côté l’angle de santé publique tel qu’il est perçu et présenté au Sénégal.

Le Sénégal est un pays souverain. Il n’a pas à se justifier des lois qu’il prend, ni devant l’Occident, ni devant personne.

Ousmane Sonko

Et pour étayer son raisonnement, l’ex premier ministre retourne l’argument contre la France elle-même, rappelant que certaines lois françaises comme le port du voile islamique ont été jugées par le Comité des droits de l’homme des Nations unies comme « attentatoires aux droits humains ». Ousmane Sonko fait ainsi observer que ni le Sénégal ni sa presse ne se sont prononcés publiquement sur ces sujets. Par conséquent, il appelle à une réciprocité. “Nous attendons la même courtoisie, le même respect de la France et de l’Occident”, a-t-il d’ailleurs martelé.

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Le président de l’Assemblée nationale inscrit par ailleurs la question dans le registre des croyances religieuses et des convictions culturelles propres au Sénégal, qu’il présente comme relevant exclusivement de la souveraineté nationale.

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