Réélu samedi à la tête du Pastef à l’issue du premier congrès du parti organisé à Diamniadio, près de Dakar, Ousmane Sonko a profité de cette victoire pour adresser un message ferme à ses adversaires politiques. L’ancien Premier ministre a appelé ses partisans à rester mobilisés afin de préserver le projet politique porté par sa formation.
Ousmane Sonko : « Aucun projet de sabotage de cette révolution n’aboutira »
Ousmane Sonko reconduit à la tete du Pastef pour les six prochaines années au Sénégal. Seul candidat à sa propre succession, le président de l’Assemblée nationale conserve ainsi les rênes du parti dans un contexte de crise désormais assumée à la fois par lui et Bassirou Diomaye Faye, le Chef de l’État. Devant les délégués venus des différentes régions du Sénégal et de la diaspora samedi, il a souligné la responsabilité particulière qui accompagne cette reconduction.
« Je mesure le poids de cette responsabilité puisque Pastef n’est pas un parti ordinaire dans le paysage sénégalais », a-t-il déclaré avant de rappeler les ambitions de transformation politique qui ont porté son mouvement au pouvoir en 2024.
Pour le leader du Pastef, le congrès revêt une importance particulière deux ans après l’accession de son camp aux plus hautes fonctions de l’État. Il a estimé que toute dynamique de changement devait s’appuyer sur une organisation solide et une doctrine clairement définie afin d’éviter les risques de récupération ou d’essoufflement.
Après plusieurs mois de divergences avec le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a été démis de ses fonctions de Premier ministre le 22 mai dernier. Quelques jours plus tard, il a été porté à la tête de l’Assemblée nationale. Ce qui renforce ainsi son poids institutionnel.
Face aux militants du Pastef, il a dénoncé ce qu’il considère comme des tentatives visant à affaiblir ou détourner le projet politique de son parti. « Aucun projet de sabotage de cette révolution n’aboutira parce que le peuple, debout, à côté de Pastef, donnera les garanties qu’il faut pour qu’enfin nous puissions libérer notre pays », a-t-il lancé sous les applaudissements des congressistes.
La crise entre le Pastef et le nouveau gouvernement s’est accentuée ces derniers jours. La direction du parti a refusé de participer à l’équipe gouvernementale formée par le président Bassirou Diomaye Faye, même si certains membres du mouvement figurent dans la liste des ministres nommés.
Avec 130 députés sur les 165 que compte l’Assemblée nationale, le Pastef dispose d’une confortable majorité parlementaire et conserve la possibilité de déposer une motion de censure contre le gouvernement. En retour, le président sénégalais pourra, à partir de novembre 2026, dissoudre l’Assemblée nationale s’il le juge nécessaire.
Dans ce contexte de cohabitation conflictuelle au sein même du camp arrivé au pouvoir en 2024, la réélection d’Ousmane Sonko apparaît comme une démonstration de force politique. Elle confirme également sa volonté de demeurer l’un des principaux acteurs de la vie politique sénégalaise malgré son départ de la Primature.
