Le président gabonais Brice Oligui Nguema a bouclé ce jeudi sa première visite d’État en France, entamée lundi 20 juillet 2026. Le volet économique constitue l’essentiel du bilan de ce déplacement parisien, qui fait suite au voyage d’Emmanuel Macron à Libreville en novembre dernier. Mais pour quel bilan ?
Gabon: bilan économique de la visite du président Brice Oligui Nguema en France
Brice Oligui Nguema à Paris et 312 millions d’euros pour le Transgabonais. C’est en effet, le premier gros chiffre qui a été communiqué sur le compte rendu produit par la délégation gabonaise. Le résultat le plus concret de cette visite du président gabonais à Paris est la signature d’un accord de financement de 312 millions d’euros entre Proparco — filiale privée de l’Agence française de développement —, la SFI et la Société d’exploitation du Transgabonais. Les fonds serviront à financer la troisième phase de mise à niveau de la voie ferrée, qui contribue à hauteur de 20 % du PIB gabonais.
Christelle Bourbon-Séclet, responsable infrastructure et énergie de Proparco, détaille les retombées attendues : « Les travaux vont permettre d’améliorer, en termes de capacité mais aussi de fiabilité, le transport des minerais et donc de créer une logistique beaucoup plus performante, avec une amélioration de la chaîne de valeur, mais pas uniquement pour les miniers, également pour le fret et pour tous les passagers. »
Le manganèse au cœur des échanges
L’autre accord phare de cette visite concerne la transformation locale du manganèse. Un protocole a été signé avec Eramet, et qui fixe un objectif de production pour fin 2031 — deux ans après l’horizon 2029 que visaient les autorités gabonaises. Un délai supplémentaire que les critiques du régime qualifient de recul.
Lors de sa visite, Brice Oligui Nguema a obtenu ce qu’il recherchait au départ, c’est-à-dire remettre la question de la transformation locale du manganèse au cœur des négociations avec les industriels. Le groupe minier pose néanmoins un prérequis pour la construction de la future usine d’alliage : que les autorités gabonaises financent les projets d’électrification nécessaires au projet.
Un bilan contesté par l’opposition
Du côté de l’opposition gabonaise, le ton est moins enthousiaste. L’ancien sénateur Michel Ongoundou Loundah va jusqu’à affirmer que l’accord signé avec Eramet « sera même caduque avant d’entrer en vigueur ». La large délégation gabonaise qui a accompagné le chef de l’État à Paris et son goût pour le faste ont également fait l’objet de critiques acerbes de la part de ses détracteurs.
Inutile de rappeler le contexte financier délicat pour Libreville, déjà endetté à plus de 70 % de son PIB et en quête d’un accord avec le FMI, qui exige la publication d’un audit complet de la dette publique. Paradoxalement, le Gabon a dévoilé en parallèle un projet de nouvel emprunt pouvant atteindre 1,5 milliard de dollars. Une équation financière complexe que le bilan économique de cette visite parisienne ne suffira pas, à lui seul, à résoudre.
