Au Sénégal, les députés risquent désormais la radiation après dix absences injustifiées

Paul Danongbe
3 min
El Malick Ndiaye, Président de l'Assemblée nationale du Sénégal

Le parlement sénégalais a adopté, vendredi 8 mai 2026, une réforme destinée à lutter contre l’absentéisme des députés. Le texte, porté par la majorité du parti au pouvoir, le PASTEF-Les Patriotes, a été approuvé par 127 voix pour, 3 contre et 2 abstentions.

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Sénégal: l’Assemblée adopte un texte pour radier les députés après dix cas d’absence injustifiée

Des soucis à se faire pour les députés absentéistes de l’Assemblée nationale du Sénégal. Le Pastef, parti majoritaire a voté vendredi, une proposition de loi qui modifie l’article 118 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Le texte adopté renforce les sanctions contre les députés absents aux séances plénières sans motif valable. Désormais, un parlementaire pourra être déclaré démissionnaire d’office après dix absences injustifiées.

Selon la loi en attente de contrôle de constitutionnalité et de promulgation par le Chef de l’État, un système de sanctions progressives est en effet introduit. À partir de quatre absences non justifiées, le député concerné fera l’objet d’un rappel à l’ordre. Des sanctions financières sont ensuite prévues avant la mesure ultime de radiation du mandat parlementaire.

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Pour Ayib Daffé, président du groupe parlementaire du PASTEF, cette réforme vise à rendre plus efficace une disposition déjà existante mais rarement appliquée. « Il fallait quand même prévoir des sanctions graduées », a-t-il expliqué, estimant que les garanties prévues permettent aux députés de se justifier avant toute sanction.

L’opposition vent debout contre la loi sur les députés absentéistes

Du côté de l’opposition, plusieurs voix se sont élevées contre la réforme. Cheikh Ahmed Tidiane Youm, député du Parti de l’Unité et du Rassemblement (PUR), considère que l’Assemblée nationale ne devrait pas avoir le pouvoir de retirer le mandat d’un élu. Selon lui, l’absentéisme relève avant tout d’un problème politique interne aux groupes parlementaires.

Même son de cloche chez Thierno Alassane Sall, qui a voté contre le texte. L’opposant juge cette réforme « populiste » et estime que les priorités du pays se situent ailleurs, notamment sur les questions économiques et l’endettement public.

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Au delà de la crise qui secoue le Pastef notamment la cohabitation douce entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, ce texte adopté sous El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale intervient dans un contexte de profondes transformations institutionnelles engagées par la majorité parlementaire issue des élections législatives de 2024. Si l’opposition qui pourrait être rejoint par la Coalition Diomaye Président n’a pas donné son avis favorable, le Pastef semble bien vouloir renforcer l’assiduité des élus et améliorer ainsi le fonctionnement des travaux parlementaires au Sénégal.

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