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Bénin : après l’échec de la révision constitutionnelle, quel sort pour la relecture du code électoral ?

Après “le rejet retentissant” qu'a connu la révision constitutionnelle vendredi dernier à l'Assemblée nationale, l'attention nationale se tourne désormais vers la relecture du code électoral. Les députés de la 9e législature sont convoqués en plénière ce mercredi 5 mars à l'Assemblée nationale pour examiner cette question pressante, dictée par une injonction de la Cour constitutionnelle.

Quelle issue connaitra la relecture du code électoral à l’issue de la plénière qui se tient ce mercredi à l’Assemblée nationale du Bénin ? Après le rejet dans la nuit de vendredi 1er à samedi 2 mars 2024 de la proposition de loi portant révision de la loi fondamentale du Bénin introduite par le député Assan Séïbou, les députés de la neuvième législature répondent à un autre rendez-vous avec l’histoire, et cette fois-ci avec un autre dossier : la relecture du code électoral.

Si le verdict du vote samedi dernier sur la révision de la constitution a affiché un tableau de 35 voix contre, 02 abstentions et 71 votes pour, la relecture du code électoral pourrait pour sa part, pourrait bien connaitre un autre sort. En effet, hier, mardi, une réunion nocturne s’est déroulée entre le président Patrice Talon et les députés de la mouvance présidentielle – ceux de l’Union Progressiste le Renouveau et du Bloc Républicain. Et au cœur des discussions, apprend Africaho, de fermes consignes ont été données aux représentants afin de définir l’attitude à adopter lors de la plénière sur la relecture du code électoral. Cette rencontre stratégique souligne visiblement, l’importance que le Chef de l’Etat accorde à cette réforme qui va indubitablement de profondes implications pour le Bénin.


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Une décision de la Cour constitutionnelle

La nécessité de la relecture découle directement de l’injonction de la Cour constitutionnelle, un rappel de l’obligation de respecter l’ordre juridique. La question qui se pose maintenant est de savoir comment les députés aborderont cette tâche délicate et quelle sera l’issue du vote. Les enjeux politiques paraissent de fait multiples. En cas de rejet du projet de relecture, cela pourrait entraîner des conséquences significatives pour le Bénin notamment sur l’échéance des élections générales de 2026 et par ricochet sur la législature habilitée ou non à délivrer les parrainages.

D’un autre côté, l’adoption du projet de relecture du code électoral pourrait marquer une étape cruciale dans le processus de stabilisation politique. Cela pourrait renforcer la confiance des citoyens dans les institutions et démontrer la capacité du gouvernement à répondre aux exigences constitutionnelles. Cependant, cette option n’est pas sans controverses, car certains critiques craignent des modifications qui pourraient être perçues comme restrictives pour la participation démocratique dans le cadre des prochaines échéances au Bénin.


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L’opposition très attendue

Si leur posture contre toute révision constitutionnelle est tranchée, les députés du parti Les Démocrates ont cependant donné leur avis favorable et leur disponibilité à participer aux travaux relatifs à la relecture du code électoral. Cette position qu’ils ont d’ailleurs affichée lundi 22 janvier 2024 au sortir de leur rencontre avec Patrice Talon pourrait donner une autre issue à la demande de la Cour constitutionnelle. A travers l’orientation qu’ils donneront au vote ce mardi, Eric Houndété, Nourénou Atchadé  et leurs collègues de l’opposition pourraient laisser transparaitre leur volonté de dialogue et de coopération, malgré les divergences politiques.

Faut-il le souligner, la relecture du code électoral au Bénin s’avère être un moment charnière. Les décisions prises lors de cette plénière auront des répercussions profondes sur l’avenir politique du pays. La vigilance et l’engagement des acteurs politiques seront essentiels pour assurer une transition stable vers une démocratie renforcée et respectueuse des principes constitutionnels.

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