Le Bénin a formellement déposé à l’Ambassade d’Afrique du Sud à Cotonou, son dossier de demande d’extradition de Kemi Seba. La justice sud-africaine qui a décidé mardi de reporter l’audience du militant panafricaniste, va alors se pencher sur l’examen du dossier qui comporte des centaines de pages, apprend Africaho.
Afrique du Sud : la demande d’extradition de Kemi Seba en examen
C’est désormais formel ! La demande d’extradition de Kemi Seba par le Bénin a été formellement transmise à l’ambassade d’Afrique du Sud à Cotonou. Selon plusieurs sources proches du dossier, c’est un document particulièrement volumineux, comprenant plusieurs centaines de pages qui est sur la table de la justice sud-africaine. Le dossier détaille en effet, les faits reprochés à l’activiste franco-béninois, en précisant les dates, les lieux ainsi que les circonstances des infractions alléguées.
Le Bénin porte notamment sa requête sur deux mandats d’arrêt émis en 2025. Le premier remonte au mois de juin, tandis que le second a été délivré en décembre, dans le contexte de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025. Les enquêteurs estiment que plusieurs vidéos diffusées par Kemi Seba ce jour-là constituaient un soutien public aux auteurs présumés de cette tentative de renversement des institutions.
Au-delà de ces éléments, le dossier transmis aux autorités sud-africaines reprend également plusieurs autres chefs d’accusation. Le Bénin reproche à l’activiste des faits d’incitation à la haine, d’incitation à la violence, d’appel à la rébellion, de blanchiment de capitaux ainsi que de cyberharcèlement. La demande d’extradition est censée contenir les éléments de preuve destinés à étayer chacune de ces accusations, même si le contenu précis des pièces versées au dossier n’a pas été rendu public.
La question des garanties judiciaires figure également parmi les points susceptibles d’être examinés par les juridictions sud-africaines. Les autorités de Pretoria devront notamment apprécier si les conditions d’un procès équitable seraient réunies en cas de transfert de Kemi Seba vers le Bénin, un aspect que la défense entend contester.
L’examen de la demande d’extradition de Kemi Seba reporté
L’audience de ce mardi n’aura finalement duré que quelques minutes. La justice sud-africaine a décidé de renvoyer l’affaire afin de permettre l’examen complet de la demande d’extradition désormais officiellement déposée par le Bénin auprès des autorités compétentes.
En attendant la reprise de la procédure, Kemi Seba demeure détenu en Afrique du Sud, tout comme son fils et leur présumé complice sud-africain, François van der Merwe. Leurs demandes de mise en liberté provisoire avaient déjà été rejetées lors d’une précédente audience, les magistrats estimant qu’il existait un risque de fuite.
Parallèlement à la procédure d’extradition, l’enquête sud-africaine sur leur situation migratoire se poursuit. Les autorités locales cherchent notamment à recueillir des informations complémentaires sur certains mouvements financiers, y compris auprès de plateformes spécialisées dans les cryptomonnaies.
La défense de Kemi Seba prépare désormais sa riposte devant les tribunaux sud-africains. Elle entend s’opposer à l’extradition, qu’elle considère comme politiquement motivée.
Plus loin, l’ONG Urgences Panafricanistes, par ailleurs présidée par Kemi Seba multiplie de son côté, de nombreuses actions visant à alerter sur les conséquences d’une favorable décision de la justice sud-africaine face à la demande d’extradition formulée par le Bénin.
