Guinée-Bissau : la CEDEAO accusée d’ingérence après l’annonce d’un référendum constitutionnel

Mohamed Fousso
3 min
Horta Inta-A Na Man, Président de la transition de la Guinée-Bissau. @Médias locaux

En Guinée-Bissau, le ministre des Affaires étrangères de la Sierra Leone, Timothy Kabba, chef de la délégation de médiation de la CEDEAO a annoncé qu’une révision constitutionnelle serait soumise à référendum. Ce qui a aussitôt fait réagir l’opposition qui accuse l’organisation de cautionner le pouvoir militaire dirigé par le général Horta Inta-A Na Man.

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Guinée-Bissau : l’opposition accuse la CEDEAO de légitimer le pouvoir militaire

Une nouvelle polémique oppose la CEDEAO à une partie de l’opposition bissau-guinéenne. En cause, l’annonce par la mission de médiation de l’organisation régionale d’un projet de révision constitutionnelle qui serait soumis à référendum. Une initiative vivement contestée par les opposants, qui accusent la CEDEAO de sortir de son rôle de médiateur et de cautionner les autorités issues de la prise de pouvoir militaire.

La controverse est née après une déclaration du chef de la délégation de la CEDEAO, le ministre sierra-léonais des Affaires étrangères, Timothy Kabba. Celui-ci a indiqué qu’une nouvelle Constitution serait proposée au peuple bissau-guinéen par voie référendaire dans le cadre de la feuille de route politique élaborée avec les autorités de transition.

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L’opposition dénonce une médiation « ratée »

Depuis Lisbonne, où plusieurs responsables politiques vivent en exil, les critiques n’ont pas tardé à fuser, rapporte RFI. Elton Infanda, porte-parole de l’équipe de Fernando Dias, qui revendique toujours sa victoire à l’élection présidentielle annulée de novembre 2025, accuse la CEDEAO d’avoir dépassé le cadre de sa mission.

Selon lui, l’organisation régionale n’a pas consulté les principales forces de l’opposition avant d’évoquer une réforme de la Constitution. Il estime que cette démarche contribue à légitimer les décisions prises par les militaires depuis leur arrivée au pouvoir.

L’opposition redoute également que cette réforme modifie les règles du jeu politique avant les élections prévues en décembre 2026. Elle affirme qu’une Constitution élaborée sous le régime militaire actuel pourrait influencer les conditions d’organisation du scrutin ainsi que l’éligibilité des futurs candidats.

Face à ces critiques, la CEDEAO a tenu à clarifier sa position. Dans un communiqué, l’organisation assure qu’elle n’a pas validé un nouveau texte constitutionnel au nom du peuple bissau-guinéen.

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Elle précise avoir uniquement présenté la feuille de route politique élaborée à l’issue de ses discussions avec le pouvoir militaire, tout en rappelant que toute réforme institutionnelle relève de la souveraineté du peuple de Guinée-Bissau.

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