Recherché par le Bénin avec un mandat d’arrêt international de la CRIET, Kemi Séba, arrêté lundi 13 avril dernier en Afrique du Sud, fait face à une double actualité relative à des critiques sur la Russie et les dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES). Face aux accusations et aux spéculations, l’artiste togolais Zaga Bambo est sorti du silence et confirme être l’interlocuteur de ces échanges, tout en se dédouanant de leur diffusion.
Kèmi Séba : un 20 avril 2026 décisif pour le militant panafricaniste en Afrique du Sud
Que faut-il retenir des récents audios dans lesquels, Kèmi Séba se confiait au sujet de sa déception à l’égard de la Russie et des militaires au pouvoir dans les pays de l’Alliance des États du Sahel ? Alors que le militant panafricaniste fait face à une procédure qui pourrait conduire à son extradition au Bénin qui par le biais de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), son interlocuteur a donné plusieurs détails sur l’origine des audio et la substance des propos tenus.
Dans une prise de parole publique dimanche 19 varil, Zaga Bambo, artiste d’origine togolaise confirme que les enregistrements proviennent d’une conversation téléphonique datant d’octobre 2025, première et unique discussion entre les deux hommes. L’artiste et activiste politique togolais dit s’expliquer « par devoir et par responsabilité pour que la vérité ne soit pas étouffée face au flot d’informations, de rumeurs et de manipulations qui envahissent les réseaux sociaux ».
Il précise le contexte de cette relation naissante : « avant octobre 2025, je n’avais aucun lien avec lui (Kèmi Séba), aucun contact. Ni dans la vie réelle, ni sur les réseaux. Notre toute première et seule discussion remonte au début du mois d’octobre 2025, via l’application Telegram. Elle s’est faite à sa demande, par l’intermédiaire d’une connaissance commune j’ai même pas son numéro. »
Je n’aurais jamais attendu. j’aurais assumé, j’aurais publié immédiatement, et en priorité les éléments qui exposent clairement les contradictions liées au régime de Faure Gnassingbé.
Zaga Bambo
Des extraits déformés selon Zaga Bambo
Selon l’artiste qui se dit surpris de la diffusion de ces extraits, la substance des échanges entre lui et Kèmi Séba a été déformée. « Certains fragments de cette conversation circulent, sortis de leur contexte et instrumentalisés. », a-t-il insisté. En ce qui concerne l’origine des fuites, Zaga Bambo évoque une hypothèse liée aux services de sécurité : « Comme vous tous et toutes je m’interroge : comment cet échange s’est-il retrouvé enregistré ? (…) Je n’ai pas la réponse mais je m’interroge. Une chose est sûre : les différents services de police impliqués dans cette arrestation ont eu accès à ses téléphones et leur contenus parce qu’ il y a eu beaucoup d’audios aussi et de conversation qui sont sortis de ses collaborateurs, ndlr » L’artiste se démarque ainsi et clairement de toute implication dans la diffusion desdits audios.
Kèmi Séba situé sur son sort ce 20 avril en Afrique du Sud
Au-delà de cette polémique, l’activiste est désormais attendu devant la justice sud-africaine ce 20 avril 2026. Arrêté à Pretoria en compagnie de son fils et d’un ressortissant sud-africain soupçonné de l’aider à rejoindre le Zimbabwe, il est actuellement placé en détention provisoire.
La justice devra dans un premier temps se prononcer sur des faits liés à l’immigration illégale. Présent dans le pays depuis environ cinq mois, Kèmi Séba aurait dépassé la durée légale de son visa. Selon les éléments de l’enquête, il se préparait à franchir la frontière vers le Zimbabwe au moment de son arrestation.
Parallèlement, une dimension internationale vient alourdir le dossier. Recherché par le Bénin, l’activiste est visé par un mandat d’arrêt international en lien avec son soutien présumé à la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 à Cotonou. Une procédure d’extradition est évoquée, même si elle pourrait se heurter à l’absence d’accord formel entre les deux pays.
Ses avocats devraient plaider pour sa libération rapide, tout en cherchant à faire obstacle à son extradition. En cas de décision favorable, plusieurs options s’offrent à lui, notamment rester en Afrique du Sud ou rejoindre un autre pays.
