Au Ghana, pourquoi la loi anti-LGBTQ+ n’est plus une priorité pour le président John Mahama ?

Paul Danongbe
4 min
John Mahama, Président du Ghana.

Le président ghanéen John Mahama, alors candidat à la présidentielle, avait placé la répression contre l’homosexualité au cœur du programme qu’il a défendu face aux Ghanéennes et Ghanéens. Mais récemment et face à la pression religieuse et des urgences sociales sur la loi anti-LGBTQ+, déjà votée mais non encore promulguée, il semble bien hésiter. Ce qui soulève des interrogations au sein de l’opinion.

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Loi anti-LGBTQ+ au Ghana : John Mahama hésite face à la pression religieuse et les urgences sociales

« Pourquoi était-ce une priorité lorsqu’il était dans l’opposition, et plus maintenant au pouvoir ? ». C’est l’une des plus insistantes questions qui pèsent sur le président John Mahama au Ghana. Et elle vient des acteurs de la société civile et principalement de Raphaël Ahenu Junior, fondateur de la Global media foundation qui s’est confié RFI. Membre actif de la société civile au Ghana, il rejoint des millions de personnes à s’interroger sur la posture actuelle du président ghanéen sur la question de la loi anti-LGBTQ+. Car, pendant qu’il briguait encore la magistrature suprême, ce dernier avait promis de promulguer l’arsenal juridique voté en mars 2024 sous sous prédécesseur.

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Mais une fois élu, il a récemment indiqué que ce projet controversé ne figurait pas parmi ses priorités. Ce qui a aussitôt déclenché des réactions contrastées au sein de la société. Certains acteurs, notamment issus de la société civile et des milieux religieux, dénoncent un revirement. Ils reprochent notamment au chef de l’État d’avoir défendu ce texte durant la campagne avant de relativiser son importance une fois au pouvoir. Pour eux, au-delà de la politique, il s’agit d’une question de valeurs culturelles et sociales qu’ils jugent fondamentales.

La loi anti-LGBTQ+, une dynamique qui se répand sur le continent

Le projet de loi en question est l’un des plus stricts du continent. Il prévoit de pénaliser les relations entre personnes de même sexe ainsi que toute forme de soutien aux communautés concernées. Des institutions religieuses, comme la Conférence des évêques catholiques du Ghana, insistent sur la nécessité de préserver ce qu’elles considèrent comme les bases morales de la société.

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À l’inverse, d’autres voix soutiennent la prudence du président. Des défenseurs des droits humains estiment que ce texte ne répond pas aux urgences du pays. Ils mettent en avant des priorités plus pressantes, telles que l’accès aux soins, l’éducation, l’état des infrastructures ou encore les conséquences de l’exploitation minière illégale sur l’environnement.

Pour plusieurs analystes, la position de John Mahama reste politiquement sensible. Durant la campagne, il avait laissé entendre qu’il promulguerait la loi si elle était adoptée. Aujourd’hui, ce repositionnement l’expose à des accusations d’incohérence.

L’avenir du texte adopté en mars 2024 demeure incertain jusqu’à ce jour. Bien qu’il ait été adopté par le précédent Parlement, il n’avait jamais été promulgué sous l’ancien président Nana Akufo-Addo. Avec la nouvelle législature, la procédure doit être relancée depuis le début.

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