Au Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye a acté, en Conseil des ministres le 15 avril, le remplacement du directeur général de la Santé, le professeur Ousmane Cissé. Après 19 mois en fonction, ce dernier cède sa place à Youssouph Tine, jusque-là directeur régional de la santé de Ziguinchor. Une décision qui déclenche la polémique au sein de Pastef.
Sénégal : polémique après le limogeage du Professeur Ousmane Cissé
Ousmane Cissé n’est plus le Directeur de la santé au Sénégal ! Proche du Premier ministre Ousmane Sonko, il a été limogé mercredi en Conseil des ministres par le Chef de l’Etat dont les relations avec son premier ministre sont enrhumées depuis peu. Et au sein de l’opinion publique et particulièrement dans le rang des cadres de Pastef, son parti, la décision passe mal dans une partie de la majorité.
En effet, cette décision de l’exécutif, loin de passer inaperçue, a rapidement suscité des réactions au sein du parti au pouvoir, le Pastef. Dans un communiqué cité par Dakaractu, la branche santé du mouvement des cadres du parti dénonce un « limogeage injustifié » et une « décision brutale », visant un militant considéré comme engagé de longue date.
Au sein de cette structure, certains s’interrogent ouvertement sur « les véritables motivations » de ce remplacement. Des critiques vont jusqu’à viser le ministre de la Santé, Ibrahima Sy, accusé de vouloir écarter certains cadres proches du Pastef de son département. Le ministère, pour sa part, n’a pas réagi officiellement à ces accusations.
Un énième proche de Sonko touché malgré les assurances de la présidence
Au Sénégal, plusieurs hypothèses sont évoquées pour soutenir la présente décision. Des sources citées par RFI, évoquent notamment un différend judiciaire impliquant Ousmane Cissé, dans une affaire d’injures présumées liée à un conflit avec le directeur de l’hôpital Aristide Le Dantec. D’autres pointent son profil très marqué politiquement, lui qui est réputé proche du Premier ministre Ousmane Sonko.
Mais du côté du pouvoir, toute lecture politique est rejetée. Pour Bassirou Dieng, membre du pôle communication de la coalition présidentielle, cette décision relève des prérogatives normales du chef de l’État. Selon lui, « s’il y avait des soubassements politiques, beaucoup plus de personnes seraient concernées ». Il rappelle également que le président dispose du pouvoir « de nommer et de limoger ».
Inutile de souligner que ce limogeage s’inscrit toutefois dans une série de changements ayant touché des personnalités perçues comme proches d’Ousmane Sonko. En février dernier, Bassirou Kébé avait été écarté de la direction de la SN-HLM, tandis qu’en mars, le rappeur Kilifeu avait été remplacé à la tête du conseil d’administration du Grand Théâtre. Des ajustements et remplacements qui ne passent pas inaperçus et qui renseignent davantage sur la guéguerre qui s’enlise entre les deux têtes de l’exécutif sénégalais.
