La RDC demande à la Belgique le retour des restes humains emportés durant la colonisation

Mohamed Fousso
4 min
Judith Suminwa Tuluka, Première ministre de la RDC

Le pouvoir Tshisekedi a officiellement demandé à la Belgique la restitution de centaines de restes humains conservés dans des institutions scientifiques et muséales belges depuis l’époque coloniale. C’était à travers une correspondance adressée au Premier ministre belge, Bart De Wever, la cheffe du gouvernement congolais, Judith Suminwa Tuluka.

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Belgique-RDC : une demande officielle pour le retour des dépouilles coloniales

La RDC réclame le rapatriement de crânes et d’autres restes humains prélevés sur des populations africaines durant la période de domination belge au Congo.  La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a adressé un courrier formel à son homologue belge Bart De Wever pour réclamer la restitution de centaines de crânes « collectés » sur le sol africain à l’époque coloniale et conservés depuis dans des institutions belges. Plus de 500 restes humains, principalement congolais mais aussi rwandais et burundais, se trouveraient encore dans ces collections.

Dans sa lettre, la cheffe du gouvernement congolais ne mâche pas ses mots. Les spécimens détenus au Muséum des Sciences naturelles de Bruxelles appartiennent à des morts qui « doivent pouvoir reposer dignement dans leur terre d’origine et ne peuvent être considérés comme des objets de collection ». Une formule qui résume l’indécence d’une situation héritée du XIXe et du XXe siècles, quand des crânes africains étaient rapportés en Europe comme trophées ou comme pièces ethnographiques, dans l’indifférence la plus totale pour la dignité des personnes concernées.

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Selon les informations données par le pouvoir Tshisekedi, c’est un travail de fond engagé depuis huit ans. C’est donc la suite d’un processus diplomatique et mémoriel entamé depuis une décennie entre Bruxelles et Kinshasa. Les deux pays travaillent depuis plusieurs années sur la restitution des objets d’art et du patrimoine pillés durant ce qui fut successivement l’État libre du Congo puis le Congo Belge. Le musée de l’Afrique centrale de Tervueren fait l’objet de recensements en vue de restitutions au musée de Kinshasa. Mais les restes humains constituent un dossier à part, plus sensible encore, longtemps laissé dans l’ombre.

Bruxelles favorable au rapatriement

Du côté belge, la question ne semble plus faire débat sur le principe. Les autorités ont décidé depuis la dernière décennie de remettre à plat l’héritage colonial du pays. Pour le gouvernement fédéral, des restes humains rapportés en Europe comme trophées ou objets ethnographiques n’ont plus leur place dans des musées en 2026. Un groupe de travail mandaté par le Parlement belge a d’ailleurs conclu que devaient être rapatriés « tous les restes humains historiques en rapport direct avec le passé colonial de la Belgique ».

La demande officielle du régime de Félix Tshisekedi des restes humains donne désormais une forme diplomatique à ce qui était jusqu’ici une conviction partagée. Il reste à transformer cette volonté en actes concrets, en fixant un calendrier et des modalités de restitution qui permettent à ces morts de retrouver, enfin, leur terre d’origine.

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