Au Burkina Faso, le litre du gasoil est passé de 675 à 750 FCFA à la pompe depuis dimanche 9 août 2026. Annoncée à la télévision nationale, la mesure intervient après quatre années de stabilité du prix, soutenue par d’importantes subventions publiques.
Burkina Faso : le gouvernement relève le prix du gasoil de 75 FCFA
C’est Abdou-Salam Gampené, secrétaire général de la Primature et président du Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures, qui a expliqué les raisons de ce réajustement. Selon lui, le gouvernement a longtemps maintenu le prix du litre à 675 FCFA afin de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs, malgré l’évolution du coût réel du produit sur le marché international.
« Ce prix est resté statique parce que les plus hautes autorités ont privilégié une politique de stabilité des prix à travers les mécanismes de subvention », a-t-il expliqué, estimant que le contexte actuel ne permet plus de maintenir durablement ce niveau de prix.
La facture des subventions devenue trop lourde
Le gouvernement burkinabè justifie notamment cette décision par la hausse du coût des hydrocarbures sur les marchés internationaux. Abdou-Salam Gampené a évoqué les conséquences des conflits au Moyen-Orient ainsi que la revalorisation du dollar par rapport au franc CFA.
D’après les chiffres communiqués par le responsable, le prix réel du litre de gasoil aurait atteint à un moment donné environ 1 050 FCFA. L’écart entre ce coût et le prix pratiqué à la pompe était alors compensé par l’État.
Cette politique aurait fortement pesé sur les finances publiques. « En six mois, les moins-values correspondantes à la subvention de l’État étaient de l’ordre de 60 milliards et si rien n’est fait, d’ici la fin de l’année, ce chiffre pourrait dépasser 135 milliards », a déclaré Abdou-Salam Gampené.
Le gouvernement estime également que la consommation nationale est artificiellement gonflée par les achats de carburant effectués par des usagers provenant des pays voisins.
Le phénomène de réexportation dans le viseur
Selon le Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures, le niveau relativement bas du prix du gasoil au Burkina Faso par rapport à celui pratiqué dans certains pays voisins favoriserait un phénomène de réexportation.
Une partie du carburant subventionné par l’État burkinabè serait ainsi consommée hors du territoire national. Cette situation contribuerait à accroître la pression sur les stocks et sur les finances publiques.
Abdou-Salam Gampené évoque une différence de plus de 200 millions de litres entre la consommation locale attendue et les volumes effectivement enregistrés. Pour le gouvernement, cette surconsommation représenterait un coût pouvant atteindre 70 milliards de FCFA.
Avec le passage du litre de gasoil à 750 FCFA, les autorités entendent donc réduire le poids de la subvention tout en limitant les effets du différentiel de prix avec les pays voisins.
Le gouvernement appelle par ailleurs les consommateurs à comprendre cette décision, présentée comme une mesure rendue nécessaire par l’évolution du marché international et le coût croissant du soutien public aux hydrocarbures.
