Le Niger veut renforcer sa coopération avec la Chine dans le secteur de l’uranium. À Tianjin, le ministre des Mines, le commissaire-colonel Abarchi Ousmane, a échangé le 14 septembre 2026 avec des responsables de la China National Nuclear Corporation (CNNC), conduits par Zhang Tao, en marge de la 28e China Mining Conference and Exhibition.
Uranium nigérien : ce que Niamey attend désormais de la Chine
Le Niger veut passer de l’extraction de son uranium à une meilleure valorisation avec la Chine. Au cœur d’une visite de travail à Tianjin lundi 14 septembre, la valorisation de l’uranium nigérien, le transfert de technologies et le développement des compétences locales. Représenté à l’occasion par le commissaire-colonel Abarchi Ousmane, ministre des Mines, l’administration Tiani a indiqué que l’enjeu ne se limite plus à l’extraction de la ressource. Il s’agit désormais pour le Niger d’obtenir davantage de retombées économiques et industrielles de son exploitation.
Selon l’Agence nigérienne de presse, les échanges avec la CNNC ont porté sur les perspectives de renforcement de la coopération minière entre le Niger et la Chine, avec un accent particulier sur l’uranium. Les autorités nigériennes souhaitent notamment favoriser le transfert de technologies et de compétences et accroître la valeur créée localement autour des ressources minières.
Une chaîne de valeur davantage développée pourrait entraîner la création d’emplois qualifiés, renforcer les besoins en ingénierie et en services spécialisés et contribuer à la formation de techniciens et d’ingénieurs.
L’enjeu est également économique. Une étude de l’OCDE et de l’Agence pour l’énergie nucléaire souligne que l’industrie de l’uranium peut avoir des effets sur l’emploi, les chaînes d’approvisionnement, les exportations, les recettes publiques, l’innovation et la formation.
La Chine n’est pas une nouvelle venue dans le secteur nigérien. Selon l’OCDE, la CNNC avait conclu en 2006 un accord avec le gouvernement du Niger pour développer le gisement d’uranium d’Azelik. Le site aurait produit environ 670 tonnes d’uranium avant sa mise en maintenance en 2014. Cette expérience constitue un précédent dans les relations minières entre Niamey et Pékin.
Le potentiel du Niger demeure important. D’après l’US Geological Survey, le pays a produit 962 tonnes d’uranium contenu en 2024, soit environ 1,6 % de la production mondiale cette année-là.
Une ambition qui reste à concrétiser
Pour Niamey, l’objectif affiché est désormais de capter une part plus importante de la valeur générée par cette ressource stratégique. Une intégration plus poussée de la filière pourrait favoriser le développement d’activités industrielles, de la sous-traitance et de nouvelles compétences locales.
Mais à ce stade, aucune annonce officielle ne permet d’affirmer que le Niger et la Chine préparent la construction d’installations de conversion, d’enrichissement ou de fabrication de combustible nucléaire.
Les discussions avec la CNNC portent pour l’heure sur les perspectives de coopération. Reste donc à savoir jusqu’où ce rapprochement pourra aller et quelles formes concrètes il prendra pour la filière uranifère nigérienne.
