L’album « Alpha », de l’artiste béninois First King, sorti en août 2026 enregistre de gros chiffres sur les différentes plateformes d’écoute et de vente d’album. Chérie Agonkè, Avalou, Je suis béni, Mon djin énan tchi… Au cœur de cet opus de 13 titres dans cette interview avec Africaho.
Interview exclusive : First King révèle la philosophie de l’album « Alpha »
Africaho : Vous venez de sortir votre album « Alpha ». Pourquoi avoir choisi ce titre et qu’est-ce qu’il représente pour vous ?
First King : J’ai choisi le titre « Alpha » pour mon premier album parce que je me considère vraiment comme un loup alpha. C’est l’histoire d’un jeune loup qui a reçu assez de coups, qui a été blessé plusieurs fois mais qui a su toujours se relever. Donc, je me suis plus retrouvé dans cette thématique là. Et musicalement, il faut reconnaître que j’ai reçu assez de coups dans la vie mais quand même, First King reste First King et je suis toujours debout. Alors je me considère vraiment comme un loup alpha et je me suis dit pourquoi ne pas choisir le titre Alpha pour mon album.
Pendant environ combien de temps avez-vous commencé à travailler sur ce projet ?
Je ne peux le dire exactement mais il faut dire que je suis un gros bosseur, je travaille presque tous les jours. Déjà, la musique, c’est comme une entreprise aussi. Le boulot pour un artiste, c’est d’aller au studio donc je suis presque au studio chaque semaine. Quand les morceaux devenaient de trop, j’ai pensé à un album, après à la thématique et la direction artistique puis j’ai choisi des morceaux qui vont dans ce sens et j’ai ensuite rajouté des morceaux qui respectent beaucoup plus la direction artistique de l’album.
Quelle est l’idée que vous souhaitez transmettre à travers les 13 titres de l’album ?
Franchement, les gens pensent qu’il y forcément un truc derrière les 13 titres de l’album alors que non. J’ai juste choisi les 13 titres au hasard. Je pense que l’équipe et moi avions regroupés au total 32 morceaux or de base, on devrait aller sur 15. Lorsqu’on avait choisi les 15 titre, je trouvais que c’était déjà trop, je voulais même aller sur 10 au plus mais avec les membres, on s’est décidé finalement sur 13. C’est donc juste arrivé comme ça, on a pas fait exprès. Après la sortie de cet album, je me suis dit pourquoi ne pas garder 13 titres pour mes prochains albums ? C’est-à-dire un album, 13 titres. Je vais y penser pour voir si ce serait influent.
En quoi « Alpha » marque t-il une nouvelle étape dans votre carrière musicale ?
Ce que j’ai compris d’abord, c’est que je me limitais trop. Alpha par exemple, déjà à la première semaine de sa sortie, on était déjà premier sur Apple musique Bénin et troisième sur tendance Afrique sur YouTube. Il y avait des étapes que je ne considérais pas, je me disais que ce n’était pas pour moi mais l’album ci m’a permis de savoir qu’en vrai je me trompais. Il m’a permis de changer de vision et d’avoir une vision plus grande.
Quelles expériences professionnelles ou personnelles vous ont le plus marqué pendant la réalisation de cet album ?
Ce qui m’a le plus marqué pendant la réalisation, c’est quand je revenais sur le même morceau deux ou trois fois, quand je n’étais jamais satisfait. De là, j’ai compris qu’en vrai, je suis prêt à faire du bon, du classique. L’intro par exemple qui est le morceau le plus court, je l’ai posé trois fois. J’ai d’abord changé son bit et je n’ai pas aimé le rendu ; j’ai demandé à ce qu’on change le micro, ce qui a été fait et puis après, j’ai changé encore des choses.
Donc c’était l’énergie de bien faire faire le boulot et surtout de satisfaire les fans. J’ai gardé cette expérience là qui m’a permis de savoir que je dois être habitué à bosser comme un débutant, comme quelqu’un qui est prêt à aller loin.
Plusieurs titres composent cet album, notamment « Je suis béni », « chérie agonkê » et « Mon djin enan tchi ». Quel message souhaitez-vous faire passer à travers ces chansons ?
Je vais d’abord commencer par « Je suis béni ». Je pense vraiment que je suis béni et sur l’album, c’est le titre qui me défini le plus et celui dans lequel je me retrouve vraiment. Ça fait des années que je vis grâce à la musique et comme je l’ai dit dans la chanson, je n’avais aucun plan pour ma vie. Je me demande où serais-je si la musique ne marchait pas. Qu’est-ce que je serais entrain de faire ? Comment serait ma vie ? L’analyse de toutes ces questions me prouvent que je suis béni.
Dieu fait grâce parce qu’il y a des gens qui n’ont pas vraiment eu cette chance. Il y a des gens qui chantent peut-être mieux que First King qui n’ont pas eu cette chance, il y en a qui veulent juste être connu dans leur quartier et qui peuvent faire peut-être mieux que moi…. Quand j’analyse les débuts et tous les coups que j’ai reçus, franchement tout ce qui me vient à la tête, je suis reconnaissant envers Dieu et je pense vraiment que je suis béni d’où ce titre.
Le titre « Chérie Agonkè », je pense qu’on ne peut aligner 13 morceaux sans parler de l’amour. L’amour, c’est la vie et la femme, c’est la vie. Peut importe les déceptions de la vie, on est condamné à aimer. Dans cette chanson, j’ai juste exprimé mes sentiments à une femme. Ça peut être vrai ou pas….
« Mon djin enan tchi », c’est encore un autre morceau qui parle de moi-même. Il y a plusieurs personnes dans la vie qui nous détestent pour un rien du tout. Ces personnes rêvent de nous voir à terre et il y en a qui ne sont jamais là quand on travaille. Mais quand on commence par profiter de nos durs labeurs, tout ce qu’elles cherchent à faire, c’est de mettre du sable dans notre manger. Et dans ma vie, j’en ai croisé assez de cette espèce là. Je ne rate rien de ce qui se passe dans ma vie donc je m’inspire de ces faits d’où le titre « Mon djin anan tchi ».
« Je suis béni » évoque la reconnaissance. Quelle place la foi occupe dans votre parcours ?
La foi occupe une grande place dans mon parcours. D’une part, c’est grâce à ma foi que je suis à ce stade aujourd’hui. Et dire aussi que j’ai commencé la musique en étant chrétien, j’ai une base très chrétienne. J’étais entre l’église céleste et l’église mission évangélique de la foi (MEF) parce que mon papa était céleste et ma maman, évangélique. Depuis tout petit, on m’a donc appris à garder la foi.
Y- a-t-il un titre de l’album qui vous touche particulièrement sur le plan personnel ? Pourquoi ?
Deux morceaux me touchent particulièrement sur l’album. Mais si je dois faire un seul choix, je dirai « Je suis béni ». Comme je le disais, je suis béni, c’est un morceau qui parle de moi. C’est vrai que musicalement parlant, je ne gagne pas encore assez d’argent. Mais on a vu certains venir après nous et on sait comment ils arrivent à joindre les deux bouts. Quand j’analyse tout ça, je me dois de dire un merci à l’être suprême chaque seconde.
Donc ce morceau me rappelle tellement de choses, que ce soit mes débuts, mes amis d’enfance, ceux qui avaient commencé la musique avec moi…. Au final, je suis béni parce que si ce que je sais faire me nourrit, c’est déjà pour moi, une bénédiction. Il y a plusieurs personnes qui rêvent d’être à cette place mais Dieu ne leur ont pas encore permis cela.
Si vous deviez conseiller un seul morceau de « Alpha » à une personne qui ne connaît pas encore votre musique, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?
C’est compliqué mais directement je lui conseillerais « Chérie agonkê ». Oui, peu importe la catégorie de musique que cette personne aime écouter, si elle tombe sur ce titre, elle va forcément bouger la tête. Le morceau parle d’amour, il comporte quelques phrases en français et fait aussi danser. Donc je conseillerais plutôt « chérie agonkê » pour quelqu’un qui ne connaît pas mes musiques.
Votre album réunit notamment Asso Rêve, Santrinos Raphaël et Djo le Magicien. Comment avez-vous réussi à mettre en place ces collaborations ?
Les collaborations entre ces artistes n’étaient pas du tout compliquées. J’étais déjà en contact avec Djo le Magicien et il était au Bénin. On s’est retrouvé au studio et c’était chap chap. Avec Santrinos Raphaël, c’était plutôt Tranquilin qui nous a mis en contact et il a géré. On a commencé donc par parler musique et je lui ai proposé les morceaux et il a fait son choix. Avec le temps, ça a commencé par tarder et comme il est un peu plus proche de Fanicko de Jésus, je suis passé par Fanicko pour le relancer.
C’est ce qui a été fait et il est venu au studio et on a géré la collaboration. Avec mes jeunes frères Asso Rêve, c’était pas compliqué parce que c’est des jeunes que j’affectionne beaucoup parce qu’ils font bien et très bien le travail. Comme ils ont toujours voulu collaboré avec moi, je leur ai donc invité sur l’album.
Qu’est-ce que chaque artiste a apporté au projet ?
Chaque artiste invité a apporté une énergie au projet. Il y a par exemple plusieurs personnes qui écoutent Santrinos mais qui ne connaissent pas Firt King. Le but de base avec lui était de toucher d’autres personnes et comme il est un frère béninois, je me suis senti à l’aise avec lui et c’est passé. Avec Djo le Magicien, je voulais vraiment un rappeur béninois mais wesh wesh sur le morceau.
J’ai donc immédiatement pensé à lui. Avec Asso Rêve, c’est des gars que je retrouve dans ma thématique et comme j’ai un morceau qui va avec, je leur ai fait appel. Je souligne que je ne cherche pas à collaborer avec les gens à cause des vues. Ma seule préoccupation, c’est de voir si le feeling passe avec ces personnes et si nous sommes compatibles sur un hit donné. Le reste, je m’en fiche complètement.
Depuis la sortie de « Alpha », « Chérie Agonkê » attire particulièrement l’attention sur les réseaux sociaux. Vous vous attendiez à cet engouement ?
Oui, c’est le morceau le plus écouté de l’album. Je ne m’attendais pas totalement à ça mais je savais que c’était un bon morceau qui pouvait marcher ou non. Je suis un travailleur et très optimiste, je suis. Je ne m’attendais vraiment pas à cet engouement jusqu’à ce que le clip ne fasse plus de cent mille vues en moins de vingt-quatre heures. C’est la prière aussi.
Quel rôle les réseaux sociaux jouent-t-ils aujourd’hui dans la promotion de votre musique ?
Les réseaux sociaux jouent un grand rôle dans la promotion de la musique. On ne peut être artiste aujourd’hui et s’écarter des réseaux sociaux, c’est impossible. L’époque a changé, ce n’est plus l’époque où, pour faire la promotion d’une chanson, il faut faire des affiches et coller un peu partout. Les réseaux sociaux jouent un grand rôle surtout dans la communication. Tout le monde a accès aujourd’hui à l’internet donc pour faire passer des messages, il faut forcément passer par les réseaux.
Quels sont les retours du public qui vous ont le plus marqué depuis la sortie de « Alpha » ?
Rien est nouveau puisque chaque jour, on me témoigne de l’amour, on me montre que je suis un artiste connu. Après la sortie de l’album, il y a plusieurs personnes qui m’ont fait des cadeaux et des amis dont je n’ai plus jamais eu des nouvelles aussi m’ont appelé. Je précise aussi que nous sommes entrés dans le top : tendance YouTube, premier sur Apple musique Bénin. Il y beaucoup de choses qui m’ont quand même marqué.
Quel message souhaitez-vous adresser aux fans qui vous soutiennent et à ceux qui vont découvrir votre musique grâce à cet album ?
Le premier message est d’abord Merci, merci à l’empire et merci pour tout. Merci pour cette force que vous me donnez chaque jour, heure, minute, seconde…. Je ne peux rien sans vous. Vous pouviez être seulement des consommateurs sans toutefois pousser et soulever. C’est énorme ce que vous faites pour moi, que Dieu vous bénisse. Secondo, je tiens à vous demander de continuer à faire ce que vous faites pour moi parce qu’on a beaucoup de chemin à faire ensemble , on a de belles choses à faire ensemble.
Continuez à pousser, à partager et à faire des vidéos comme vous savez aussi bien le faire. À ceux qui vont connaître ma musique grâce à cet album, je leur dirai juste que c’est peut-être le bon moment de faire encore le retour et d’aller écouter les anciens morceaux. Ne vous limitez pas qu’aux sons de cet album parce qu’on a eu à faire de belles choses et l’album est juste venu confirmer. Après l’album, je vous promets du bon, je ne me repose pas, j’ai du travail et je dois devenir riche grâce à la musique.
Je n’ai pas le droit de me reposer puisque je ne sais plus rien faire à part la musique. J’ai le devoir d’aller loin, c’est une promesse.
C’était First King, Yan Yan.

