Au Paraguay, le président Santiago Peña a été destitué vendredi 6 novembre 2026 par le Sénat, à l’issue d’une procédure liée à la crise bancaire provoquée par la mise sous tutelle de Ueno Bank. Son vice-président, Pedro Alliana, a été investi dans la foulée pour lui succéder.
Paraguay : Santiago Peña destitué, son vice-président Pedro Alliana lui succède
Inédit au Paraguay. Santiago Peña renversé par le Sénat, Pedro Alliana prend le pouvoir. La décision a été adoptée à l’unanimité des 44 sénateurs présents sur les 45 que compte la chambre haute. Santiago Peña a été reconnu coupable de « mauvais exercice de ses fonctions », a annoncé le président du Sénat, Basilio Nuñez. Le chef de l’État avait pourtant présenté sa démission jeudi, mais le Parlement l’avait rejetée, ouvrant ainsi la voie à son procès en destitution.
Issu du même Parti Colorado, formation conservatrice au pouvoir, Pedro Alliana, âgé de 52 ans, prend désormais les commandes du pays. Son prédécesseur, dont le mandat devait s’achever en 2028, est également visé par une procédure judiciaire. Peu après sa destitution, il a été placé en détention à domicile. Il devra être entendu samedi par le parquet pour des faits présumés de violation de confiance, de trafic d’influence et de gestion à des fins personnelles.
Une crise bancaire au cœur de la destitution de Santiago Peña
La crise a éclaté le 3 novembre, lorsque la Banque centrale du Paraguay a placé Ueno Bank sous tutelle pour insolvabilité. Cette intervention a entraîné le gel des dépôts de près de trois millions de clients, soit environ la moitié de la population paraguayenne.
Au cours du procès, des sénateurs ont reproché à Santiago Peña d’avoir laissé des fonds de retraite être détournés vers une banque liée à son entourage. L’ancien président avait été actionnaire, jusqu’en 2025, du conglomérat financier propriétaire de l’établissement.
De son côté, la Banque centrale a commencé à indemniser les épargnants concernés. Les premiers remboursements portent sur les dépôts compris entre un et dix millions de guaranies. Selon un avocat de Santiago Peña, environ 700 000 personnes avaient déjà bénéficié de premiers versements vendredi.
