Législatives et locales en Guinée : le FRONDEG se retire et dénonce un processus verrouillé

Mohamed Fousso
3 min
Abdoulaye Yero Baldé, président du parti FRONDEG en Guinée. @Médias locaux

En Guinée, le principal parti d’opposition, le Front pour la démocratie en Guinée (FRONDEG), a officialisé son retrait des élections législatives et locales prévues le 31 mai 2026. Son président, Abdoulaye Yéro Baldé, dénonce de graves irrégularités dans le processus électoral et accuse les autorités de favoriser la mouvance présidentielle.

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Guinée : le principal parti d’opposition se retire des législatives et locales

Le FRONDEG se retire des législatives et élections locales du 31 mai en Guinée. Deuxième de la présidentielle guinéenne avec 6,59 % des suffrages, loin derrière le général Mamadi Doumbouya crédité de 86,72 %, Abdoulaye Yéro Baldé avait déjà menacé de boycotter le scrutin après avoir dénoncé, le 25 avril dernier, plusieurs manquements dans l’organisation électorale. Trois jours plus tard, le chef du FRONDEG est passé à l’acte.

Dans une déclaration publiée à l’issue d’une réunion extraordinaire de son bureau politique tenue le 28 avril, le parti annonce son retrait du processus électoral, estimant que les conditions minimales de transparence et d’équité ne sont pas réunies. Le FRONDEG justifie sa décision par « des violations répétées du code électoral et un déséquilibre manifeste du processus en faveur de la mouvance présidentielle et de ses alliés ».

Le parti dénonce également le rejet de plusieurs candidatures de ses représentants dans différentes circonscriptions du pays, notamment à Conakry, sans explication formelle.

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L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur affirme en particulier que ses listes ont été écartées dans une dizaine de circonscriptions « sans motivation » ni notification officielle, ce qu’il considère comme une atteinte grave à la sincérité du scrutin.

Les accusations du FRONDEG rejetées par la Direction générale des élections

Face à ces critiques, la Direction générale des élections (DGE), placée sous l’autorité du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, réfute toute irrégularité.

Sa directrice générale, Camara Djénabou Touré, assure que l’institution n’a fait qu’appliquer strictement les dispositions légales en vigueur. « Ce que je reproche à monsieur Baldé, c’est que les dispositions du code n’ont pas été violées », a-t-elle déclaré.

Elle affirme par ailleurs que plusieurs candidats investis par le FRONDEG au niveau local souhaitent poursuivre leur participation au scrutin malgré la décision de leur leader. « Aujourd’hui, je l’informe que la plupart de ses candidats, au niveau communal, ont écrit qu’ils veulent continuer la marche. »

Les élections du 31 mai doivent permettre d’élire les 147 députés de l’Assemblée nationale ainsi que 342 maires à travers le pays. Elles constituent une nouvelle étape dans le processus de retour à l’ordre constitutionnel engagé par les autorités de transition après plus de quatre années de gouvernance militaire.

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Le retrait du FRONDEG, l’une des principales forces d’opposition du pays, risque toutefois de fragiliser davantage la crédibilité politique de ce scrutin déjà contesté.

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