Olympe Bhêly-Quenum a bouclé 100 ans de vie sur terre le 20 septembre 2026. À 100 ans, le patriarche de la littérature béninoise porte derrière lui une vie consacrée aux lettres, à la connaissance et à la transmission. Son nom reste associé à une œuvre qui a largement dépassé les frontières du Bénin et de l’Afrique.
De « Un piège sans fin » à ses 100 ans : le long parcours d’Olympe Bhêly-Quenum
Un siècle de vie. Un siècle d’écriture, d’engagement et de transmission. Olympe Bhêly-Quenum a célébré ses 100 ans le 20 septembre 2026, au terme d’un parcours marqué par une ambition assumée : apprendre, se construire et écrire. Né au Bénin, l’écrivain quitte très jeune son pays pour poursuivre ses études en France. Au moment du départ, son père lui adresse une bénédiction qui accompagnera son parcours : se donner les moyens de réaliser ses ambitions et rester fidèle à lui-même.
En France, le jeune homme doit pourtant avancer sans bénéficier d’une bourse de la France d’Outre-Mer. Il multiplie alors les réussites. Après le BEPC et le baccalauréat de lettres classiques, il se distingue également dans le sport, notamment au saut en hauteur, avant de remporter le concours général des bourses Zellidja de l’Académie de Caen.
Son parcours universitaire se poursuit à l’Université de Caen, où il obtient une licence de lettres classiques. Il enseigne ensuite le français, le latin et le grec. Plus tard, il rejoint la Sorbonne, où il décroche une licence puis une maîtrise en sociologie et anthropologie avec la mention Très bien.
Une œuvre qui traverse les frontières
Mais c’est surtout par la littérature que son nom s’impose. En 1960, il publie chez Stock son premier roman, « Un piège sans fin ». L’ouvrage connaît un important écho et sera traduit dans plusieurs langues. Cinq ans plus tard paraît « Le Chant du lac », publié aux éditions Présence Africaine. En 1966, ce deuxième roman lui vaut le Grand Prix littéraire d’Afrique.
En 1968, il publie « Liaison d’un été », un recueil de nouvelles dont plusieurs textes feront l’objet de traductions, d’études universitaires et de travaux de recherche. L’écrivain élargit ensuite son public avec « Un Enfant d’Afrique », publié chez Larousse, un roman destiné à la jeunesse et traduit notamment en russe, en anglais et en swahili.
En 1979, « L’Initié » vient enrichir son œuvre. Là encore, le livre suscite des recherches universitaires, notamment dans les domaines de la littérature, de la sociologie et de l’anthropologie. Son œuvre se poursuit avec « Les Appels du Vodou », publié en 1994 chez L’Harmattan, puis « La Naissance d’Abikou », paru en 1998 chez Phoenix Afrique.
Un héritage littéraire
À travers ses romans, ses nouvelles et ses autres écrits, Olympe Bhêly-Quenum a contribué à faire connaître des réalités africaines à plusieurs générations de lecteurs, tout en nourrissant la réflexion universitaire sur les sociétés, les cultures et les imaginaires du continent. À 100 ans, son parcours témoigne d’une longévité rare, mais surtout d’une œuvre qui continue de circuler, d’être étudiée et de susciter l’intérêt bien au-delà du Bénin.
Un siècle après sa naissance, Olympe Bhêly-Quenum demeure ainsi une figure majeure des lettres béninoises et africaines, dont l’héritage dépasse désormais largement le cadre de sa génération.
