Réforme électorale au Sénégal : les députés de Pastef disent oui, l’opposition dénonce un texte taillé pour Sonko

Paul Danongbe
4 min
El Malick Ndiaye, président de l'Assemblée nationale du Sénégal, le mardi 28 avril 2026 lors de l'adoption de la réforme du code électoral. @Assemblée nationale du Sénégal

Au Sénégal, l’Assemblée nationale a adopté, mardi 28 avril 2026, une réforme du Code électoral portée par la majorité parlementaire du Pastef. Le texte modifie deux dispositions clés relatives à l’inéligibilité des candidats aux différentes élections dans le pays. Mais l’opposition y voit une manœuvre destinée à sécuriser l’avenir politique du Premier ministre Ousmane Sonko.

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Code électoral au Sénégal : une loi accusée de sécuriser l’avenir politique d’Ousmane Sonko

Le Sénégal est en passe d’avoir un nouveau code électoral. Mardi,  les députés de Pastef ont adopté la réforme par 128 voix favorables. Selon les précisions du parti, l’objectif de la loi en attente du contrôle de constitutionnalité et de promulgation vise notamment à clarifier les critères d’inéligibilité et à empêcher que certains candidats soient exclus des scrutins pour des motifs jugés politiques. Le nouveau texte retire ainsi par exemple de la liste, des infractions entraînant l’inéligibilité plusieurs délits d’opinion, notamment la diffamation ou la diffusion de fausses nouvelles.

Désormais, seules certaines infractions graves mentionnées à l’article L.29 du code électoral, telles que la corruption, le blanchiment de capitaux ou les détournements de fonds publics, pourront justifier une inéligibilité. En parallèle, l’article L.30, qui rendait automatiquement inéligible toute personne condamnée à une amende supérieure à 200 000 francs CFA, a été supprimé.

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Une réforme contestée pour sa rétroactivité

Si la majorité défend une réforme de « modernisation démocratique », l’opposition concentre ses critiques sur l’introduction d’un principe de rétroactivité dans le texte. Cette disposition permettrait à la nouvelle loi de s’appliquer à des condamnations antérieures à son adoption.

Pour plusieurs juristes et opposants, cette mesure viole les principes fondamentaux du droit. Le député de l’opposition Cheikh Ahmed Tidiane Youn estime notamment que « la rétroactivité viole le principe de l’autorité de la chose jugée ». Il rappelle qu’une décision de justice définitive ne peut être remise en cause par une nouvelle loi.

Le cas Ousmane Sonko au cœur des débats

Dans les rangs de l’opposition, beaucoup considèrent que la réforme vise principalement à lever tout doute sur l’éligibilité future d’Ousmane Sonko à la présidentielle de 2029.

Le chef du gouvernement avait vu sa condamnation pour diffamation confirmée par la Cour suprême en juillet 2025, une décision qui avait alimenté les interrogations sur sa capacité à briguer un nouveau mandat présidentiel.

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Pour la députée Anta Babacar Ngom, du parti Alternative pour la relève citoyenne (ARC), le texte constitue une réponse politique anticipée à cette problématique. « Ils essaient de régler un problème de 2029 aujourd’hui, en 2026, pendant que nous avons des urgences bien plus importantes », a-t-elle dénoncé.

Une posture que le Pastef rejette. En effet, le parti au pouvoir réfute catégoriquement toute réforme taillée pour son leader. Pour Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef, la question de l’éligibilité d’Ousmane Sonko ne se pose plus juridiquement. « Ousmane Sonko a été élu député en novembre 2024. Il a dirigé une liste nationale. Dire qu’il est intéressé par cette proposition de loi ne correspond pas à la réalité juridique », a-t-il affirmé.

De son côté, l’opposition annonce un recours devant le Conseil constitutionnel. Quelle est l’issue que donnera le Conseil constitutionnel à cette démarche, il faudra attendre pour le savoir.

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