Révision constitutionnelle au Sénégal : ce qui s’est passé sur l’évacuation de force du député Abdou Mbow

Paul Danongbe
4 min
Le député Abdou Mbow évacué de force de l'Assemblée nationale du Sénégal

Au Sénégal, l’examen du projet de révision constitutionnelle a viré au chaos ce lundi 29 juin 2026 à l’Assemblée nationale. Le député Abdou Mbow, président du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a été évacué de force de l’hémicycle par les gendarmes du Groupement d’intervention de la Gendarmerie nationale, après avoir refusé de quitter la tribune malgré les rappels à l’ordre du président de séance, Ousmane Sonko. Mais que s’est-il réellement passé ? 

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Sénégal : le député Abdou Mbow évacué par la gendarmerie en pleine séance sur la révision constitutionnelle

Abdou Mbow évacué de force de l’hémicycle sénégalais lundi lors de l’examen du projet de révision de la constitution. Mais comment et pour quels motifs ? Selon nos confrères de Senenews, l’incident est survenu après une première intervention virulente du député d’opposition, qui était revenu au pupitre pour réclamer un référendum et dénoncer ce qu’il qualifie de « passage en force » des députés de Pastef, parti majoritaire sur ce texte sensible.

Dans son développement, le président du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal s’appuyait sur l’article 83 du règlement intérieur pour soulever une question préalable. Mais son refus catégorique de descendre du perchoir a paralysé la poursuite des travaux. Excédés, plusieurs députés de la majorité Pastef se sont alors précipités vers la tribune pour tenter de le déloger physiquement. La scène a rapidement dégénéré en mêlée générale, avec des bousculades et des empoignades au pied du perchoir.

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Ousmane Sonko a dû appeler ses propres députés à regagner leurs sièges pour éviter une confrontation physique plus large, avant que les gendarmes ne soient appelés en renfort. C’est carrément une intervention rarissime dans l’hémicycle.  L’usage de forces de sécurité pour évacuer physiquement un parlementaire reste exceptionnel dans les démocraties parlementaires, et la présence de gendarmes dans l’hémicycle sénégalais demeure un fait rare. Cette intervention a immédiatement provoqué une vague de réactions. Les membres du groupe Takku Wallu ont quitté la salle en signe de protestation et annoncé le boycott de la séance, dénonçant le traitement réservé à leur collègue.

Mbow dénonce un « régime fasciste »

Réagissant au micro de RFI quelques minutes après son éviction, Abdou Mbow n’a pas mâché ses mots à l’encontre du président de l’Assemblée. « Vous avez vu qu’Ousmane Sonko, encore une fois, est un dictateur, quelqu’un qui veut installer un régime fasciste dans ce pays. Vous avez également vu ces personnes venues me brutaliser », a déclaré le député de l’opposition qui a d’ailleurs assuré que son camp ne reculerait devant « aucune force de l’ordre, aucune armée ».

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La députée Aïssata Tall Sall a, de son côté, revendiqué un objectif politique atteint. « Il s’agissait de montrer à la face du monde que ce qui se passe à l’Assemblée nationale relève de la dictature et de la forfaiture. », va-t-elle déplorer.

À tous égards, c’est une révision constitutionnelle qui crispe davantage les rapports entre le Parlement et l’exécutif qui entretiennent depuis un bin moment déjà, une “cohabitation douce”. Attendu pour promulguer la réforme constitutionnelle, le président Bassirou Diomaye Faye a pour sa part opté pour la voie référendaire. Le peuple sénégalais sera invité aux urnes pour décider de l’issue à donner à cette réforme constitutionnelle.

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