Révision de la constitution au Sénégal : le collectif Y’en a marre défend le référendum

Mohamed Fousso
3 min

Au Sénégal, le collectif citoyen Y’en a marre est sorti de sa réserve après l’adoption lundi 29 juin 2026, par l’Assemblée nationale, du projet de révision constitutionnelle porté par la majorité parlementaire Pastef. Le mouvement opte pour le référendum et appelle à garantir une consultation transparente dénuée de toute arrière-pensée politique.

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Bassirou Diomaye Faye peut compter sur le collectif Y’en a marre pour option du référendum après la révision constitutionnelle adoptée lundi par le parlement Sonko. Dans une déclaration rendue publique mardi 30 juin, le collectif estime que les réformes institutionnelles envisagées méritent d’être soumises à l’appréciation directe des citoyens. Pour ses responsables, un référendum constituerait l’occasion de permettre aux Sénégalais de comprendre les enjeux du texte et de se prononcer librement sur son avenir.

Le mouvement citoyen dénonce dans sa déclaration une bataille politique au sommet de l’État. Y’en a marre voit dans les débats autour de la réforme constitutionnelle le prolongement des divergences apparues entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ex Premier ministre Ousmane Sonko, désormais à la tête du parlement sénégalais. Selon Y’en a marre, les enjeux institutionnels risquent d’être éclipsés par des considérations politiques qui alimentent les tensions au sein du pouvoir.

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Son fondateur, Aliou Sané, soutient l’idée du référendum annoncée par le chef de l’État, tout en mettant en garde contre une éventuelle instrumentalisation politique du processus. Il appelle à un débat national ouvert permettant aux citoyens de se forger leur propre opinion avant le scrutin.

Le climat politique actuel au Sénégal “préoccupant” selon Y’en a marre

Au-delà de la réforme elle-même, le collectif s’inquiète par ailleurs d’un retour de pratiques qu’il affirme avoir combattues sous les précédents régimes. Y’en a marre dénonce notamment des tentatives de discrédit visant les organisations critiques du pouvoir.

Le mouvement affirme également avoir été accusé, par certains militants proches du parti au pouvoir, d’appartenir à un prétendu « lobby LGBT », une accusation qu’il rejette catégoriquement. Ses responsables rappellent que ce type de discours avait déjà été utilisé par le passé contre des acteurs de la société civile.

Y’en a marre n’a cependant pas manqué de condamner l’interpellation de plusieurs manifestants aux abords de l’Assemblée nationale lundi, jour du vote de la réforme. Une douzaine de personnes, dont plusieurs militants de l’opposition, avaient été arrêtées pour participation à une manifestation non autorisée et troubles à l’ordre public avant d’être relâchées quelques heures plus tard.

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