Sommet Russie-Afrique : quels enjeux pour le Bénin et la stabilité en Afrique de l’Ouest ?

Mohamed Fousso
6 min
Mariam Chabi Talata et Vladimir Poutine à Moscou pour l'édition 2026 du sommet Russie-Afrique. @Médias locaux
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Le Bénin a pris part à la troisième édition du Sommet Russie-Afrique, tenue les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou sous la conduite de la vice-présidente, Mariam Chabi Talata. Mais pour quels enjeux économiques, politiques et sécuritaires pour le pays dirigé par Romuald Wadagni.

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Bénin : ce que le partenariat avec la Russie pourrait changer sur les plans économique et sécuritaire

Quel enjeux pour le Bénin et la stabilité en Afrique de l’Ouest après le sommet Russie-Afrique ? Établies depuis 1962, les relations entre le Bénin et la Russie pourraient connaître un nouvel approfondissement. Pour Cotonou, l’enjeu est de transformer cette ouverture en partenariats concrets, tout en préservant ses relations avec ses partenaires traditionnels et ses engagements régionaux.

L’agriculture, l’énergie, la santé, l’éducation et les technologies figurent parmi les secteurs susceptibles de bénéficier d’un renforcement de la coopération bilatérale. Dans le domaine agricole, les échanges avec la Russie pourraient notamment faciliter l’accès aux engrais et à certains intrants, avec des effets attendus sur les coûts de production et la productivité des exploitations.

Le Bénin pourrait également chercher à élargir ses débouchés commerciaux sur le marché russe. L’ananas, les noix de cajou et les produits agro-industriels transformés localement représentent des filières à explorer pour diversifier les exportations nationales.

Au-delà des échanges commerciaux, le partenariat pourrait favoriser des investissements productifs, des transferts de technologies et le renforcement des compétences locales. Les secteurs de l’énergie, de la santé et du numérique offrent notamment des possibilités de coopération. Toutefois, ces perspectives restent tributaires de la conclusion d’accords opérationnels et de leur traduction en projets bénéficiant aux entreprises et aux populations.

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Un dialogue diplomatique dans un environnement régional fragile

Les enjeux du rapprochement avec Moscou dépassent le cadre économique. La situation sécuritaire au Sahel et les tensions entre les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et certains membres de la CEDEAO placent la diplomatie béninoise face à des défis particuliers.

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont renforcé leurs relations avec la Russie dans les domaines politique, économique et sécuritaire. Or, le Bénin partage des frontières avec le Niger et le Burkina Faso. L’évolution des relations entre ces pays voisins et leurs partenaires internationaux a donc des implications directes pour Cotonou, notamment en matière de sécurité transfrontalière et de coopération régionale.

Dans ce contexte, le maintien d’un dialogue avec Moscou pourrait offrir au Bénin un canal supplémentaire pour échanger sur les préoccupations des pays de l’AES. Cette démarche ne signifie pas nécessairement un alignement sur les choix diplomatiques de ces États. Elle peut plutôt s’inscrire dans une politique de diversification des partenariats et de préservation des intérêts nationaux.

La coopération avec Moscou peut-elle favoriser l’apaisement régional ?

La Russie a progressivement consolidé ses relations avec la Confédération AES. Les consultations engagées entre les deux parties depuis 2025 témoignent de leur volonté de développer une coopération dans plusieurs domaines, notamment la défense, la diplomatie et l’économie.

Pour le Bénin, cette proximité entre Moscou et les pays de l’AES pourrait constituer un cadre de dialogue à exploiter. Cotonou pourrait encourager les échanges sur la lutte contre le terrorisme, la prévention des conflits transfrontaliers et la protection des populations civiles. Une telle démarche supposerait toutefois une volonté de concertation de l’ensemble des États concernés.

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La coopération avec la Russie ne saurait, à elle seule, résoudre les tensions régionales ni garantir la sécurité dans les zones frontalières. La recherche d’une stabilité durable implique également le dialogue entre la CEDEAO et l’AES, ainsi que le fonctionnement des mécanismes africains de prévention et de règlement des conflits.

La diversification des partenariats et les intérêts nationaux au menu des échanges

Le rapprochement avec Moscou offre au Bénin l’occasion de diversifier ses relations internationales dans un contexte de recomposition des alliances et de concurrence entre puissances. Mais cette orientation devra s’articuler avec ses engagements au sein de la CEDEAO et de l’Union africaine, ainsi qu’avec ses relations avec les autres partenaires internationaux.

Le véritable enjeu sera donc de convertir les engagements diplomatiques en résultats mesurables : investissements, échanges commerciaux, transferts de compétences et coopération sécuritaire. Sur le plan régional, la capacité de Cotonou à entretenir des canaux de dialogue avec des partenaires aux relations parfois tendues pourrait également être mise à contribution.

Le sommet de Moscou constitue une occasion de renforcer les relations bilatérales. Les suites qui lui seront données permettront d’apprécier la portée réelle de cette nouvelle séquence de coopération pour le développement du Bénin et les relations entre les États d’Afrique de l’Ouest.

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