Tentative de coup d’État au Niger : Niamey sous haute surveillance et des dizaines de militaires arrêtés

Paul Danongbe
5 min
Vue aérienne de la ville de Niamey. @Wikipedia

La tentative de soulèvement militaire qui a secoué Niamey samedi 29 août 2026 a finalement été contenue par les forces loyalistes. Plusieurs dizaines de militaires ont été arrêtés après s’être retranchés dans une base située à proximité de l’aéroport. Dimanche, la capitale nigérienne a retrouvé un calme relatif, mais reste entièrement quadrillée par les forces de sécurité.

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Mutinerie à Niamey : les autorités reprennent le contrôle, plusieurs soldats interpellés

Niamey s’est réveillée dimanche sous haute surveillance, au lendemain d’une journée marquée par des tirs nourris et des affrontements entre militaires. Les accès à plusieurs secteurs stratégiques de la capitale ont été bloqués et des dispositifs de sécurité renforcés ont été installés autour du palais présidentiel.

Des pick-up équipés de mitrailleuses et des véhicules blindés étaient visibles à plusieurs points de contrôle. Des barbelés ont également été déployés pour empêcher la circulation dans certaines zones, tandis que les entrées de la capitale faisaient l’objet de contrôles renforcés.

Les affrontements avaient débuté dans la nuit de vendredi à samedi avec des tirs entendus notamment autour de l’aéroport et du secteur du palais présidentiel. Des militaires présentés comme des mutins avaient ensuite tenté de prendre le contrôle de plusieurs sites stratégiques avant de se retrancher dans une base militaire située près de l’aéroport.

Les forces loyalistes reprennent le contrôle

Après plusieurs heures de négociations, une partie des militaires impliqués aurait accepté de se rendre. Les autres ont été délogés lors d’une opération menée samedi en fin de journée par les forces loyalistes. La garde présidentielle placée sous l’autorité du général Abdourahamane Tiani a joué un rôle central dans cette intervention. Les forces russes de l’Africa Corps auraient également apporté leur soutien aux opérations, notamment à travers l’utilisation de drones.

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Des images diffusées samedi soir par la télévision nationale ont montré plusieurs dizaines de militaires capturés. Certains apparaissaient blessés. Près d’une centaine d’hommes étaient visibles sur ces images, parmi lesquels des femmes, sans que leur identité ni leur grade aient été précisés. Le nombre exact de victimes demeure inconnu. Aucun bilan officiel des morts et des blessés n’a encore été communiqué par les autorités nigériennes.

Dans la nuit suivant les affrontements, les forces de sécurité ont poursuivi leurs opérations dans la capitale. Au moins une dizaine de personnes supplémentaires auraient été interpellées.

Qui sont les militaires impliqués ?

Au début des affrontements, le ministre nigérien de la Défense, Salifou Mody, avait présenté la situation comme un « mouvement d’humeur d’un groupe de soldats en rupture avec le règlement militaire ».

Les informations disponibles font cependant état de l’implication de jeunes officiers issus de plusieurs unités de l’armée, notamment des Forces spéciales. Certains auraient rejoint Niamey depuis les régions de Tillabéri et de Dosso.

Ces unités d’élite sont particulièrement engagées dans la lutte contre les groupes jihadistes qui opèrent dans l’ouest du Niger et dans la zone des trois frontières avec le Mali et le Burkina Faso. Elles participent notamment aux opérations antiterroristes « Niya » et « Almahaou ».

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Selon plusieurs analystes, le mouvement pourrait être lié à un mécontentement croissant au sein de certaines unités confrontées aux pertes importantes enregistrées sur le front. Les Forces spéciales figurent en effet parmi les unités les plus exposées aux attaques des groupes armés.

Cette hypothèse reste toutefois à confirmer. Les autorités nigériennes n’ont, à ce stade, fourni aucun détail sur les motivations précises des militaires impliqués ni sur les éventuelles revendications qui auraient accompagné leur action.

L’AES dénonce une tentative de déstabilisation

Dans un communiqué publié samedi soir, la Confédération de l’Alliance des États du Sahel, regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a condamné ce qu’elle présente comme une tentative de déstabilisation.

L’organisation affirme avoir été confrontée à une « trahison par un groupe de soldats impliqués dans une entreprise de déstabilisation ». Elle estime que cette tentative a finalement été « contenue et mise en échec » grâce à l’action des forces loyalistes.

Le pouvoir nigérien n’a cependant pas encore livré de bilan détaillé de la mutinerie ni précisé les suites judiciaires qui seront réservées aux militaires arrêtés.

Après cette tentative de soulèvement, la situation semble désormais sous contrôle à Niamey. Mais l’ampleur des arrestations, l’identité des militaires impliqués et surtout les motivations à l’origine du mouvement devraient continuer à alimenter les interrogations dans les prochains jours.

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