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Transit du pétrole nigérien depuis la plateforme de Sèmè-Kpodji : à l’impossible, nul n’est tenu

Depuis le renversement du président Mohamed Bazoum, le 26 juillet 2023, les relations sont à bâtons rompus entre Niamey et Cotonou. Malgré la bonne volonté des autorités béninoises à remettre les pendules à l'heure, Niamey reste toujours recroquevillé sur sa position maintenant ainsi ses frontières barricadées avec le Bénin. Aujourd'hui, le sujet au cœur des débats, c'est le transit du pétrole nigérien qui ne peut se faire sans les formalités douanières qui nécessite légalement, l'ouverture des frontières côté Niger.

Ça fait bientôt dix (10) mois que la crise entre le Bénin et le Niger perdure mettant à mal les principes économiques et le confort des populations des deux peuples frères. Suite au coup d’Etat militaire survenu au Niger en juillet 2023, les autorités de la transition nigérienne ont décidé de maintenir leurs frontières fermées avec le Bénin. Ils dénoncent la position du Président Patrice Talon tout comme celle de la CEDEAO sur le putsch.


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En effet, pour le bien-être de son pays et du peuple nigérien, le Chef d’Etat béninois a entamé à mainte reprise des démarches pour une sortie de crise avec les autorités de la transition nigérienne dirigée par le général Brigadier Omar Abdourahamane Tchiani. La dernière démarche d’apaisement de Patrice Talon date du lundi 27 au mardi 28 mai 2024. Le Président béninois a commissionné son ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines au Niger, dans le cadre du comité inter-Etats Bénin-Niger de pilotage du projet pipeline Export Bénin-Niger.

Le ministre porteur du message du Président Patrice Talon à son homologue du Niger, n’a pas été reçu par le général Tchiani. Car il s’agissait de la question de l’acheminement terrestre des opérations du projet pipeline vers le Niger.


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La décision du gouvernement béninois

Cependant, dans une déclaration de presse tenue ce jeudi 30 mai 2024 à la présidence du Bénin, le président Patrice Talon est revenu sur la crise entre ces deux pays et surtout, sur la démarche pour la réussite des opérations du projet. Selon Patrice Talon, il est impossible de transiter le pétrole nigérien vers le Niger sans toute formalité douanière. Hors, qui dit formalités douanières, dit ouverture de frontières terrestres.

« À minima, pour que ce transit soit possible, il faut que les autorités nigériennes annoncent officiellement que la fermeture de leurs frontières terrestres fait exception au pétrole. Une telle clarification serait susceptible de permettre un traitement juridique différencié du pétrole venant du Niger. À défaut de ce minimum, toute formalité douanière de transit du pétrole reste légalement impossible entre le Bénin et le Niger. Telles sont donc les clarifications que le Gouvernement béninois a chargé le Ministre Adambi d’apporter à nos partenaires à Niamey », a indiqué le Chef d’Etat béninois.


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La grosse question

Si la fermeture de la frontière faisait partie des sanctions imposées au Niger par l’organisation sous régionale CEDEAO après le coup d’État du 26 juillet 2023, cette dernière a pourtant levé ses sanctions depuis des lustres. Mais, que veut le Général Tchiani et son entourage ?

Toute fois, il faut le rappeler, le Bénin et le Niger, sont deux éternels peuples frères et ensembles depuis la période jadis des indépendances. Même si cette frontière fictive créée avec le Togo pour le chargement des marchandises du Niger  profite bien le Port de Lomé, elle a augmenté des risques pour les transporteurs, les conducteurs et pour les opérateurs économiques. Combien de camions ont été brulés à Kaya au centre -Nord du Burkina Faso ? Combien de chauffeurs y ont été tués par les djihadistes lors de l’acheminement des marchandises vers le Niger sur cette longue voie ?

D’où quelques soient les trébuchements et les manipulations politiques se ressourçant peut-être de la guerre économique des Etats, le seul intérêt qui doit guider les dirigeants africains, c’est l’unité africaine et le bien être des populations.

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