Pour son 33e appel d’offres hebdomadaire de l’année, dont la date limite de soumission est arrivée à terme le lundi 17 août, la BCEAO met à la disposition des banques de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA) un volume de financement de 6 475 milliards de FCFA sur le guichet à une semaine, au taux minimum de 3 %.
Politique monétaire dans l’Uemoa: 6 475 milliards F Cfa injectés dans le système bancaire
6 475 milliards F Cfa injectés dans le système bancaire par l’Uemoa. C’est un mécanisme de refinancement, pas une aide directe. Selon l’institution bancaire, cette opération s’inscrit dans le cadre des mécanismes habituels de refinancement de la banque centrale. Il ne s’agit pas d’une aide budgétaire directement accordée aux États ou aux entreprises, mais d’un dispositif monétaire par lequel la BCEAO met temporairement des ressources à la disposition des banques, en contrepartie d’actifs éligibles. Les établissements de crédit peuvent ainsi répondre à leurs besoins de trésorerie et assurer leurs opérations de financement.
Ces injections de liquidité interviennent dans un contexte favorable pour les économies de l’UEMOA. Dans sa note de conjoncture publiée en juillet, la BCEAO souligne que l’activité économique est demeurée bien orientée, portée par le dynamisme des secteurs des bâtiments et travaux publics, des services marchands et des services financiers. L’institution projetait une croissance de 6,2 % au deuxième trimestre 2026, après 6,1 % au premier trimestre. L’inflation reste quant à elle modérée, à 0,4 % en mai 2026.
La question de la transmission aux entreprises
Si l’injection de liquidité est significative, elle ne signifie pas automatiquement une baisse du coût des prêts pour les entreprises et les ménages. La transmission de cette liquidité vers le crédit dépend aussi des risques associés aux emprunteurs, des exigences prudentielles et des politiques commerciales des banques. Pour les petites et moyennes entreprises notamment, l’accès au financement reste conditionné par des critères qui dépassent la seule disponibilité des ressources au sein du système bancaire. La BCEAO maintient néanmoins une politique monétaire visant à assurer des conditions de liquidité compatibles avec le financement de l’activité économique dans l’ensemble de la zone.
