Arrestation de Kèmi Séba : “Le ciel lui-même fait nos palabres”, Wilfried Léandre Houngbédji

Loan Tamin
4 min
Wilfried Léandre Houngbédji, Porte-parole du gouvernement béninois dans les locaux d'Africaho le 18 octobre 2025.

Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a commenté ce mercredi 22 avril 2026 à l’issue du Conseil des ministres avec ironie l’interpellation de l’activiste panafricaniste Kèmi Séba en Afrique du Sud. Selon ses propos, l’arrestation du militant panafricaniste n’est que le conséquence naturelle des choses.

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Bénin : le gouvernement réagit à l’arrestation de Kemi Seba

Réaction de Wilfried Léandre Houngbédji sur l’arrestation de Kèmi Séba. « Le ciel lui-même fait nos palabres », a laissé entendre ce mercredi, le porte-parole de l’exécutif béninois qui semble établir qu’une justice divine était entrain de s’établir naturellement pour le Bénin après les nombreuses attaques du militant panafricaniste.

​Citant le Procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), à l’issue du Conseil des ministres, le porte-parole a évoqué l’optimisme du Bénin quant à la procédure judiciaire d’extradition engagée par Cotonou afin que Kemi Seba vienne répondre de ses actes au Bénin. Wilfried Léandre Houngbédji cite notamment des « affabulations » à la barre et insiste sur la gravité des propos tenus par l’activiste ces dernières années.

Kemi Seba et la question de son extradition à Cotonou

Arrêté le 15 avril 2026 à Pretoria, Kèmi Séba est actuellement en détention provisoire aux côtés de son fils et d’un ressortissant sud-africain présenté comme un facilitateur. Selon les autorités locales, l’activiste aurait dépassé la durée légale de son visa et se préparait à rejoindre le Zimbabwe au moment de son interpellation.

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Mais au-delà de l’infraction liée à l’immigration, son dossier revêt une dimension internationale. Le Bénin a émis à son encontre un mandat d’arrêt international via la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), en lien avec son soutien présumé à la tentative de coup d’État déjouée du 7 décembre 2025 à Cotonou.

Face à cette situation, le gouvernement béninois affirme que le Procureur spécial de la CRIET est déjà mobilisé pour engager une procédure d’extradition.

Des audios authentifiés qui fragilisent sa position

Parallèlement à cette procédure judiciaire, Kèmi Séba est au cœur d’une polémique médiatique après la diffusion d’audios devenus viraux. Dans ces enregistrements, désormais authentifiés par son interlocuteur, l’artiste togolais Zaga Bambo, l’activiste critique ouvertement la Russie ainsi que les dirigeants des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Ces propos tranchent avec ses positions publiques habituelles et ont suscité de vives réactions au sein de l’opinion, certains y voyant une contradiction majeure dans son discours panafricaniste.

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Zaga Bambo a confirmé être à l’origine de l’échange, tout en niant toute responsabilité dans la fuite des enregistrements, évoquant plutôt une possible exploitation des données issues des appareils saisis lors de l’arrestation.

L’autre élément clé du dossier, c’est la position du Niger. Car Kèmi Séba est détenteur d’un passeport diplomatique nigérien. En cas de remise en liberté par la justice sud-africaine, plusieurs options restent visiblement envisageables pour l’activiste, notamment rejoindre le Niger, pays avec lequel il entretient des relations étroites. Des indiscrétions renseignent meme que l’activiste est demandeur d’asile en Afrique du Sud.

De son côté, le gouvernement béninois exige des comptes. Il est reproché à l’activiste des déclarations jugées graves contre les institutions béninoises, qualifiées d’« affabulations » et plus précisément dans le dossier relatif à la tentative de coup d’Etat du 7 décembre 2025.

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