Au Bénin, les véhicules importés sur un nouveau chemin de dédouanement !

Paul Danongbe
6 min
Raouf Aboudou Malèhossou, Directeur général de la douane béninoise. @Maya Pictures

À la tête de la douane béninoise depuis juin dernier, Raouf Malèhossou Aboudou a défini de nouvelles règles pour le traitement des déclarations en douane des véhicules et engins lourds dans les postes-frontières terrestres. Une note de service en date du 20 août 2026, parvenue à Africaho fixe les détails. Sur le nouveau chemin de dédouanement des véhicules importés au Bénin…

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Quand les frontières se referment sur la fraude

Ce n’est pas une fermeture des frontières. Encore moins un coup d’arrêt à l’importation des véhicules et engins lourds. La Douane béninoise change simplement de méthode. Et derrière cette nouvelle procédure, c’est surtout une bataille contre la fraude sur ces véhicules importés et pour les recettes de l’État qui se dessine.

Par une note de service signée le 20 août 2026, le Directeur général des Douanes, Raouf Malèhossou Aboudou, a décidé de suspendre provisoirement l’émission et le traitement des déclarations en douane des véhicules et engins lourds dans les postes-frontières terrestres. Désormais, le passage par la frontière ne suffira plus pour procéder au dédouanement.

Le principe est simple. À leur arrivée, les véhicules provenant des pays voisins bénéficieront d’un titre de transit avant d’être convoyés, sous tracking de Bénin Control SA, vers les directions régionales des douanes. C’est à ce niveau que les agents du Service de lutte contre la fraude procéderont aux vérifications avant la transmission des dossiers à la Recette des véhicules automobiles.

Une direction douanière performante est à la fois un instrument de souveraineté, de sécurité, de mobilisation accrue des ressources publiques et de développement économique.

Raouf Malèhossou Aboudou, lundi 8 juin 2026 à sa prise de fonction

Pourquoi ce changement ?

Parce que la frontière ne doit pas être une zone où la valeur réelle des véhicules importés peut facilement échapper au contrôle de l’administration. Et c’est probablement là que se trouve le véritable enjeu de cette décision.

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Un véhicule mal identifié, une valeur minorée ou une déclaration qui ne correspond pas exactement à la réalité peuvent avoir une conséquence directe : moins de droits et taxes pour l’État. Or, dans un pays où chaque recette compte, laisser s’échapper des ressources à cause de pratiques frauduleuses n’est plus une simple faiblesse administrative. C’est un manque à gagner pour la collectivité. La nouvelle procédure cherche donc à fermer certaines portes.

Le contrôle physique devient obligatoire avant le dédouanement. Les caractéristiques du véhicule devront être vérifiées. L’Argus récent utilisé pour déterminer sa valeur devra également faire l’objet d’un contrôle rigoureux.

Autrement dit, il ne suffira plus de présenter des documents. La Douane veut désormais regarder le véhicule, vérifier ce qu’on lui déclare et s’assurer que le montant des droits et taxes correspond à sa véritable valeur.

Et ce n’est pas tout…

L’administration annonce également des contrôles inopinés de régularité sur l’ensemble du territoire national. La traque ne s’arrêtera donc pas aux frontières. Elle pourra se poursuivre là où les véhicules circulent, sont stationnés ou sont exploités.

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Le message adressé aux fraudeurs est assez clair : les anciennes méthodes de contournement doivent désormais compter avec un dispositif de contrôle plus serré.

Il faut surtout comprendre cette réforme comme une volonté de reprendre la maîtrise d’une chaîne devenue sensible. En renforçant l’identification, le tracking, l’inspection physique et le contrôle de la valeur, la Douane veut réduire les marges de manœuvre de ceux qui cherchent à faire entrer des véhicules en payant moins que ce qu’ils doivent réellement à l’État.

La question n’est donc pas seulement celle du dédouanement des véhicules. Elle est aussi celle de la mobilisation des recettes publiques.

Chaque franc qui échappe frauduleusement au fisc ou à la Douane est une ressource en moins pour financer les politiques publiques. À l’inverse, chaque opération correctement évaluée et taxée contribue au renforcement des caisses de l’État.

Mais attention. La mesure annoncée le 20 août est donc à suivre de près. Elle devra évidemment être évaluée à l’épreuve du terrain, notamment sur son efficacité et sur sa capacité à fluidifier les opérations sans créer de nouvelles lourdeurs pour les opérateurs.

Mais sur le principe, l’orientation est lisible. La Douane veut désormais contrôler davantage, vérifier mieux et laisser moins de place à la fraude. Car lorsqu’un véhicule entre sur le territoire béninois par les frontières limitrophes, l’enjeu n’est pas seulement de savoir s’il est en règle.

Il faut aussi s’assurer que l’État perçoit exactement ce qui lui revient.

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