Bénin : l’architecture institutionnelle avec le Sénat fait partie des “bizarreries francophones” selon Victor Topanou

Paul Danongbe
5 min
Victor Prudent Topanou.

Victor Topanou, ancien député et membre de l’Union Progressiste le Renouveau a commenté l’architecture institutionnelle au Bénin avec le Sénat installé le 30 juillet dernier. Pour le député qui a voté au sein de la neuvième législature, l’adoption de l’institution présidée par Patrice Talon, cette instauration fait partie des “bizarreries” qu’il observe dans les démocraties francophones.

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Sénat du Bénin : l’ancien député Topanou se prononce sur l’installation de la Haute chambre

C’est une sortie médiatique de Victor Topanou qui pourrait encore étonner plus d’un. Après une récente intervention au cours de laquelle, l’ancien député a fait sa comparaison des réalités politico démocratiques dans les pays anglophones et francophones, ce sont quelques dispositions du règlement intérieur du Sénat qui ont cette fois-ci retenu l’attention de l’acteur politique.

Sur une émission de la web télévision Esae TV, l’universitaire oppose sa conviction forte et personnelle qui reste ouverte à une idée nouvelle, parlant de la création du Sénat et a réaffirmé son soutien à l’instauration de la chambre haute dans l’architecture institutionnelle du Bénin. En ce qui concerne, les craintes exprimées et formulées par certains Béninois, Victor Topanou se montre « prudent » : “Ils ont peut-être raison et on le saura dans quelques années”.

Faisant référence à certaines sources des sciences politiques, comme les discours, l’universitaire fait savoir qu’en règles générales, l’un des préalables en la matière est d’interroger l’auteur de la réforme. “C’est lui et lui seul qui sait en donner l’esprit et aussi le contenu”, a-t-il laissé entendre faisant savoir clairement que l’idée du Sénat vient de Patrice Talon et des partis et non personnellement de lui Victor Topanou.

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Victor Topanou pas favorable à la confidentialité des débats au Sénat 

L’acteur politique reconnaît cependant qu’il a à améliorer sur le règlement intérieur arguant qu’il n’y a pas de texte parfait. “Je prends par exemple l’article 29 sur le caractère secret et confidentiel des débats au Sénat. Je ne l’aurais pas recommandé. J’aurais préféré des débats ouverts. Ce n’est pas exceptionnellement qu’on va les ouvrir, ndlr”, va relever Victor Topanou. Il ajoute néanmoins qu’il verrait si au fonctionnement cette disposition du règlement intérieur empêche la Haute chambre de prendre des décisions contraires à l’intérêt à la masse.

Selon lui, il faut écarter les critiques spontanées et laisser le Sénat poser des actes qui pourraient être appréciées d’ici un an. Dans une maxime qui fait allusion à la perfectibilité de l’œuvre humaine, le professeur de droit pense par ailleurs que le Sénat dans sa conception peut aussi avoir des imperfections qui seront améliorées avec le temps.

Ça fait partie des bizarreries francophones. Je peux toujours dire ça si je veux être logique avec moi-même. 

Victor Topanou

Des observations de Topanou qui ne sont pas explicites ?

Réfutant l’idée de nourrir des “à priori” sur la pertinence du Sénat dans le paysage institutionnel au Bénin, Victor Topanou n’est resté très ouvert sur ce qu’on l’on pourrait qualifier d’appréhensions personnelles émanant directement de lui. “Je ne suis pas favorable à la personnalisation des débats”, a-t-il rejeté préférant l’institutionnalisation des débats.

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Parlant d’équilibre et de rapports entre le président de la République et le président du Sénat, il renvoie clairement à l’institutionnalisation et le temps qu’il faut donner aux institutions de faire leurs preuves.

Rapporteur du dialogue politique qui s’est tenu sous le régime de Patrice Talon en octobre 2019, Victor Topanou, élu plus tard en 2023 à l’Assemblée nationale fait partie des 90 députés de la majorité présidentielle qui ont voté pour la création du Sénat dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025.

Proche de l’homme d’affaires Olivier Boko, tombé en disgrâce avec l’ex président de la République, aujourd’hui président du Sénat, l’ex parlementaire qui n’a pas été positionné pour les dernières législatives de janvier 2026 se réclame toujours membre de l’Union Progressiste le Renouveau et donc de la majorité présidentielle portée depuis le 24 mai dernier au Bénin par Romuald Wadagni.

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