Bénin : ce que vont réellement changer les 6 nouveaux pôles de développement annoncés par le gouvernement

Fréjus Hounvio
4 min
Wilfried Léandre Houngbédji, Ministre, porte-parole du gouvernement lors de sa conférence de presse à Cotonou@Africaho

Présentée comme une réforme majeure, l’initiative suscite déjà de nombreuses interrogations à travers le pays. Entre promesses économiques, nouvelles responsabilités et attentes des populations, le gouvernement précise enfin sa vision.

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Bénin : six pôles de développement, le gouvernement clarifie les objectifs de la réforme

Le gouvernement veut accélérer le développement économique à l’échelle locale. Pour y parvenir, il mise sur la création de six pôles de développement territorial. Selon l’exécutif, cette initiative n’est ni politique ni administrative. L’objectif affiché est avant tout économique. Il s’agit de mieux exploiter les richesses des territoires. Il s’agit aussi de favoriser les activités créatrices de valeur. À terme, les autorités souhaitent voir davantage d’opportunités émerger dans les communes.

La réforme entend réduire les disparités entre les grandes villes et les autres localités. Le gouvernement estime que les effets de la croissance doivent être davantage visibles dans les territoires. L’une des ambitions est de permettre aux jeunes de trouver des perspectives professionnelles près de chez eux. À travers les pôles, l’exécutif espère encourager l’installation d’entreprises et d’unités de production. Chaque zone devra s’appuyer sur ses propres ressources et avantages économiques.

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Quel rôle pour les délégués généraux ?

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes engagées ces dernières années. Le gouvernement reconnaît que les résultats obtenus depuis la décentralisation restent contrastés. Il estime toutefois que les communes disposent aujourd’hui de moyens plus importants qu’auparavant. Malgré ces avancées, plusieurs collectivités peinent encore à financer seules certains projets structurants. Les pôles doivent justement permettre de mutualiser les ressources et les capacités disponibles.

La gestion des pôles sera confiée à des délégués généraux. Leur arrivée a suscité de nombreuses questions dans l’opinion publique. Le gouvernement assure cependant qu’ils ne remplaceront ni les maires ni les préfets. Ces derniers conserveront l’ensemble de leurs prérogatives actuelles. Les délégués généraux auront plutôt une mission de coordination. Ils devront favoriser le dialogue entre les différents acteurs locaux. Ils seront également chargés d’identifier les atouts de chaque territoire. Leur rôle consistera aussi à faire émerger des projets communs entre plusieurs communes.

« Les préfets restent et conservent toutes leurs prérogatives, comme les maires conservent toutes leurs prérogatives. Ce n’est pas comment chacun affirme encore plus son ego. Non, c’est comment se mettre au service des communautés, des populations. Ce ne serait pas le moment de caser des acteurs politiques de premier plan. D’ici un an, on peut considérer que les pôles ont effectivement démarré », a confié le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji dans des propos rapportés par Banouto.

Des profils recherchés au-delà des considérations politiques

Les autorités affirment vouloir privilégier les compétences. Selon le porte-parole du gouvernement, les nominations ne doivent pas servir des intérêts politiques. Les futurs délégués seront choisis en fonction de leurs capacités et de leur profil. Des centaines de candidatures auraient déjà été enregistrées. L’exécutif assure que l’appartenance politique ne constituera pas un critère déterminant. « Vous pouvez être un inconnu, vous pouvez même être d’un parti de l’opposition », a-t-il indiqué.

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