Claudy Siar, l’animateur et producteur franco-guadeloupéen, l’une des voix les plus emblématiques de la diaspora africaine, a officiellement obtenu la nationalité béninoise et reçu son passeport. Il porte désormais le prénom « Kodjovi ».
Claudy Siar, désormais béninois et rebaptisé « Kodjovi », accomplit son retour aux sources
Claudy Siar est désormais béninois. Vendredi 22 mai, l’animateur vedette de l’émission “Couleurs tropicales” de RFI, a fait l’objet de deux différentes cérémonies à Ouidah. La date n’a rien d’anodin. Car ce jour commémore l’abolition de l’esclavage en Martinique, conférant à cet acte administratif une portée hautement symbolique.
Avant la remise officielle de ses nouveaux attributs de citoyen béninois, Claudy Siar a fait halte à Ouidah, ville chargée d’histoire, autrefois l’un des principaux comptoirs de la traite négrière en Afrique de l’Ouest. Face à la Porte du Non-Retour, monument érigé en mémoire des millions d’Africains déportés, l’animateur a choisi de renverser le symbole. « Ce matin, la Porte du Non-Retour était pour moi, la Porte du Retour », a-t-il écrit sur ses réseaux sociaux.
Selon le récit de l’animateur lui-même, le passage à Ouidah s’est articulé autour de deux cérémonies. La première, une consultation du Fâ, oracle traditionnel du vodoun, s’est tenue dans la confidentialité des couvents de la cité historique. La seconde, dont il a partagé quelques images, a réuni des rituels de purification et de libation devant les autels des ancêtres.
J’ai déposé mes douleurs et mes défaites. Les ancêtres s’en sont emparés afin de me soulager.
Claudy Siar
Au-delà du geste symbolique, Claudy Siar a livré une confidence plus personnelle. Traversant une période d’épreuves, il a confié être venu chercher auprès des ancêtres une forme de guérison intérieure. Kodjovi évoque par ailleurs, le besoin de se délester de ce qu’il appelle « des tonnes d’injustices » pour avancer vers sa destinée.
La figure de proue de la culture afro-caribéenne a également dit avoir prié pour la force de pardonner à ses détracteurs, avant d’élargir son intention aux victimes de guerres et d’oppressions à travers le monde. Un retour aux sources qui se veut, à la fois, réconciliation avec soi et avec l’histoire.
