Les comités d’experts du Bénin et du Niger, réunis à Cotonou les 20 et 21 juin 2026, ont achevé leurs travaux ce dimanche sur trois projets d’accords de coopération. L’un sur la défense, un autre sur la sécurité, et un troisième sur les conditions globales de réouverture de la frontière commune, fermée depuis le coup d’État militaire de juillet 2023 au Niger.
Réouverture de la frontière Bénin-Niger : trois accords sur la table
Romuald Wadagni et son gouvernement multiplient les actions en vue de la normalisation de la coopération avec le Niger. Réunis à Cotonou les 20 et 21 juin 2026, les experts béninois commis aux travaux préliminaires pour la réouverture de la frontière avec le Niger ont conclu avec leurs homologues de Niamey, leurs travaux par l’élaboration de trois projets d’accords destinés à relancer la coopération bilatérale et à préparer la réouverture de la frontière commune, fermée depuis 2023.
Selon un reportage diffusé sur Bénin TV, consulté par Africaho, les discussions ont été conduites par Olusheun Adjadi Bakari, agissant à l’occasion en temps que ministre en charge de l’intégration africaine pour le compte de ce dossier. Ces discussions sont en effet décrites par les participants comme s’étant déroulées dans une ambiance conviviale et ont surtout porté sur les questions de défense et de sécurité, points névralgiques de la brouille entre Niamey et Cotonou. Depuis le renversement du président Mohamed Bazoum, le Niger accusait le Bénin de chercher à déstabiliser son régime en accueillant des bases militaires françaises sur son territoire. Ces accusations avaient atteint leur paroxysme lors de l’attaque de l’aéroport de Niamey en janvier 2026, quand Niamey avait de nouveau pointé du doigt Cotonou, Paris et Abidjan.
Le ministre d’État nigérien en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Mohamed Toumba, a salué la démarche tout en posant ses conditions. « En choisissant le dialogue plutôt que la confrontation, nous avons créé de la valeur pour nos économies et de la sécurité pour nos populations », a-t-il déclaré, avant d’exiger une transparence totale sur les dispositifs étrangers stationnés à proximité de la frontière. Sur ce point, le Bénin a toujours maintenu qu’il n’abritait aucune base étrangère dans le nord de son territoire.
Des mesures de confiance encore confidentielles
Ce qui a exactement été acté pour rassurer les autorités nigériennes sur ces questions sécuritaires reste pour l’heure inconnu. Aucune déclaration officielle ni communiqué conjoint n’a été publié à l’issue des travaux. Chaque délégation doit désormais rendre compte à sa hiérarchie respective. Selon les informations de RFI, les trois accords, une fois validés par les chefs d’État, seront signés à Niamey, à une date qui reste à déterminer. La réouverture de la frontière suivra cette signature.
Le ton est résolument optimiste du côté des deux délégations. « C’est une nouvelle ère qui s’ouvre », s’était notamment réjoui le ministre nigérien de l’Intérieur, dimanche 24 mai dernier lors de l’investiture de Romuald Wadagni, successeur de l’ex président Patrice Talon. Son homologue béninois à l’Intégration africaine a dit espérer que cette normalisation fasse « renaître l’amour et les liens séculaires qui existent entre nos deux pays et leurs populations ». Les prochains jours pourraient donc situer sur la réouverture effective de la frontière.
