Blanchiment de capitaux au Bénin : confiscation des biens, prison, amendes… la CRIET met en garde !

Loan Tamin
4 min
Cyriaque Dossa, président de la CRIET

Au Bénin, le président de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), Edouard Cyriaque Dossa, a lancé un avertissement aux auteurs de blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme et d’infractions financières connexes.

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Lutte contre le blanchiment : la CRIET rappelle les lourdes sanctions encourues

Cyriaque Dossa met en garde les auteurs de crimes financiers au Bénin. Dans un entretien accordé au quotidien La Nation, le magistrat a rappelé la sévérité des sanctions prévues par la loi et mis en lumière les nouveaux défis auxquels le Bénin est confronté dans la lutte contre la criminalité financière.

Selon le président de la juridiction spécialisée, le blanchiment de capitaux a considérablement évolué ces dernières années. Jadis principalement associé aux revenus du trafic de stupéfiants, ce phénomène englobe désormais une multitude d’activités illicites génératrices de profits illégaux.

Pour Edouard Cyriaque Dossa, la cybercriminalité figure aujourd’hui parmi les principales sources de fonds destinés à être blanchis. Les infractions liées aux escroqueries en ligne, aux fraudes numériques et aux atteintes aux systèmes informatiques alimentent désormais une part importante des dossiers examinés par la CRIET.

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Le magistrat cite également la corruption ainsi que les détournements de deniers publics parmi les infractions susceptibles de générer des revenus illicites. À l’inverse, les affaires liées au trafic de stupéfiants occupent désormais une place moins importante dans le contentieux du blanchiment de capitaux.

Des sanctions lourdes prévues par la loi selon le président de la CRIET

Le président de la CRIET rappelle que les personnes reconnues coupables de blanchiment de capitaux s’exposent à des peines d’emprisonnement allant de trois à sept ans. À ces sanctions pénales peuvent s’ajouter d’importantes amendes, calculées notamment en fonction des gains tirés de l’activité criminelle.

La législation prévoit également la confiscation des biens ayant servi à commettre l’infraction ou provenant directement des activités illégales. Dans certains cas, d’autres éléments du patrimoine du condamné peuvent également être saisis conformément aux dispositions légales en vigueur.

Au-delà des conséquences judiciaires individuelles, Cyriaque Dossa souligne que la prolifération de ces pratiques nuit à l’image du pays et peut affecter sa crédibilité auprès des partenaires économiques et financiers internationaux.

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Cap sur l’évaluation du GIABA en 2028

À l’approche de la prochaine évaluation du dispositif béninois par le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), prévue en 2028, le président de la CRIET estime nécessaire de renforcer les capacités nationales.

Cyriaque Dossa plaide notamment pour une meilleure formation des acteurs concernés, une amélioration de la collecte des données statistiques et un renforcement de la coopération judiciaire internationale. Selon lui, les enquêtes conjointes entre États constituent aujourd’hui un levier essentiel pour traquer les réseaux financiers opérant au-delà des frontières.

Selon lui, cette échéance de 2028 permettra d’apprécier les progrès accomplis par le Bénin dans la prévention, la détection et la répression du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme, deux phénomènes qui demeurent au cœur des préoccupations sécuritaires et économiques à l’échelle mondiale.

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