Mali : l’ancien ministre Mountaga Tall et son fils toujours introuvables

Fréjus Hounvio
4 min
Mountaga Tall
Écouter cet article

Amnesty International et Human Rights Watch interpellent les autorités maliennes, six mois après la disparition de l’ancien ministre Mountaga Tall et de son fils. Les ONG réclament des informations sur leur sort et leur lieu de détention.

Ad image

Mali : la disparition de Mountaga Tall relance les critiques contre la transition

La pression s’accentue sur le pouvoir Goïta au Mali. Dans un communiqué publié le 3 novembre, Amnesty International demande que toute la lumière soit faite sur le sort de  Mountaga Tall et de son fils Cheick Mamadou Tall. L’organisation réclame également que leur lieu de détention soit révélé sans délai. Selon Amnesty International, les deux hommes doivent être présentés à la justice s’ils sont poursuivis. Dans le cas contraire, leur libération doit être immédiate.

S’ils sont soupçonnés d’avoir commis une infraction, ils doivent être présentés à un juge, être informés des charges précises qui pèsent contre eux et bénéficier de toutes les garanties d’un procès équitable. Dans le cas contraire, ils doivent être immédiatement remis en liberté.

Amnesty réclame une preuve de vie

Mountaga Tall aurait été enlevé dans la nuit du 2 au 3 mai 2026. Quelques jours plus tard, son fils aurait lui aussi été interpellé par les services maliens. Depuis lors, aucune information officielle n’a été communiquée sur leur situation. Ni les autorités politiques, ni les responsables sécuritaires, ni la justice malienne n’ont apporté d’éclaircissements publics sur ce dossier.

Lire aussi :  CAF Awards 2026 : Romaine Gandonou nommée pour le prix de meilleure jeune joueuse

Les avocats de la famille ont entrepris plusieurs démarches. Ils ont saisi la justice malienne ainsi que le Comité des disparitions forcées des Nations unies. Le bâtonnier du Mali est également intervenu. La Conférence internationale des barreaux et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ont aussi interpellé les autorités. Jusqu’à présent, aucune de ces démarches n’a permis d’obtenir des précisions officielles.

L’organisation de défense des droits humains demande que les familles obtiennent rapidement des nouvelles des deux hommes. Amnesty évoque notamment « un accès immédiat à leurs familles, à leurs avocats, à des médecins et aux médicaments dont ils pourraient avoir besoin ».

Human Rights Watch dénonce un climat de répression

Human Rights Watch a également réagi à cette affaire. Dans une déclaration publiée le 30 octobre, l’organisation affirme que chaque jour sans nouvelles accroît les inquiétudes autour de la sécurité des deux hommes. L’ONG estime que cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions des libertés publiques au Mali. Elle évoque notamment des pressions visant des opposants politiques, des médias et des voix critiques.

Lire aussi :  Tchad : des affrontements entre éleveurs et agriculteurs autour d’un point d’eau font au moins 25 morts

L’inquiétude est renforcée par le cas de quatre militants pro-démocratie détenus depuis plusieurs mois. Ces derniers ont réapparu devant un juge le 20 octobre. Ils sont désormais poursuivis pour plusieurs infractions, dont l’atteinte au crédit de l’État. Selon leurs proches, leur état physique suscite de vives préoccupations. Certains seraient fortement amaigris. D’autres présenteraient des signes de traumatisme après plusieurs mois de détention.

Pour rappel, Mountaga Tall est un ancien ministre du Mali et avocat. Il était impliqué dans plusieurs dossiers sensibles ces dernières années. Il avait notamment contesté certaines décisions politiques devant les tribunaux. Six mois après sa disparition et celle de son fils, les interrogations demeurent entières. Les ONG poursuivent leurs appels afin d’obtenir des informations sur leur situation et leur état de santé.

Partager cet articles
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *