Le projet de loi de finances rectificative présenté par le gouvernement a été rejeté mardi 3 novembre 2026 par l’Assemblée nationale. C’est un nouveau revers pour le président Bassirou Diomaye Faye après le rejet du budget par le Pastef désormais à la tête de l’opposition.
Au Sénégal, un budget crucial rejeté par l’Assemblée nationale
C’est encore fait ! Ousmane Sonko et son parti disent non au projet de loi de finances rectificative de Bassirou Diomaye Faye. Sur les 132 députés ayant pris part au vote ce mardi, 109 se sont prononcés contre le texte, 20 l’ont soutenu et trois se sont abstenus. La séance a été marquée par des échanges tendus. Les débats ont notamment été écourtés à la demande du député Amadou Ba, membre du Pastef, qui a sollicité un passage direct au vote.
Selon nos confrères sénégalais de PressAfrik, ces critiques ont porté sur le manque de documents transmis aux parlementaires et sur la fiabilité des prévisions budgétaires. Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes, a notamment dénoncé un manque de « sincérité budgétaire ». Il a également regretté l’absence de mesures destinées à stabiliser les prix du carburant.
Le ministre des Finances, Cheikh Diba, a contesté ces arguments, estimant que la sincérité budgétaire ne devait pas servir de prétexte pour remettre en cause un projet aussi important.
L’aide du FMI et la fourniture d’électricité évoquées par le Pastef
Le budget rectificatif envoyé par l’exécutif est présenté comme une étape importante dans les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI). L’accord conclu en septembre entre l’institution et l’administration Diomaye Faye, qui prévoit une aide de 2,2 milliards de dollars, attend toujours l’approbation du conseil d’administration.
Le texte rejeté devait notamment tenir compte de la hausse des prix des hydrocarbures, de la baisse des recettes fiscales attendues et de l’augmentation du service de la dette. Il prévoyait également de porter de 250 à plus de 790 milliards de FCFA l’enveloppe destinée à soutenir les tarifs de l’électricité et l’approvisionnement en gaz domestique.
Lors des travaux en commission, le 30 octobre, le gouvernement avait averti qu’une non-adoption du budget pourrait compromettre la fourniture d’électricité, le paiement de certaines dettes aux entreprises ainsi que les rappels de salaires dus aux enseignants.
Inutile de rappeler que le parlement Sonko prononce ce blocage parlementaire alors que le Sénégal fait face à une dette publique estimée à 132 % du PIB à la fin de l’année 2024.
