Dette, FMI, vie chère au Sénégal : le Premier ministre sénégalais dévoile ses priorités devant le parlement

Paul Danongbe
3 min
Ahmadou Al Aminou Lô, Premier ministre du Sénégal

Au Sénégal, le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô a présenté, mardi 8 septembre 2026, sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale. Nommé le 25 mai dernier, le chef du gouvernement a exposé pendant près de deux heures et demie ses priorités, sur fond de tensions persistantes au sommet de l’État entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l’Assemblée, Ousmane Sonko.

Sénégal : face à la dette et à la vie chère, le Premier ministre défend sa feuille de route

Les Sénégalaises et Sénégalais sont désormais fixés sur les priorités de Ahmadou Al Aminou Lô. Face à une majorité parlementaire dominée par le Pastef, le Premier ministre a appelé à dépasser les clivages politiques. « Au Sénégal, les institutions priment sur les personnalités », a-t-il déclaré, tout en regrettant « le climat de clivage politique extrême et de violence verbale ».

Sur le plan économique, le Premier ministre a placé la dette au cœur de son intervention. Il a évoqué une dette représentant 132 % du PIB et une situation sociale marquée par la vulnérabilité d’environ huit millions de Sénégalais. Selon lui, la faiblesse des recettes fiscales et les difficultés économiques imposent de « reprofiler la dette » et de négocier avec les créanciers.

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Le gouvernement entend parallèlement poursuivre le programme Sénégal 2050, tout en procédant à un assainissement des finances publiques. Ahmadou Al Aminou Lô a défendu la perspective d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI), estimant que le Sénégal doit renouer avec ses partenaires internationaux. Il a toutefois assuré qu’il n’y aurait pas de réduction des dépenses sociales ni « d’ajustement sauvage ».

Selon nos confrères de PressAfrik, la substance de la déclaration du Premier ministre a suscité de vives critiques au sein du Pastef. Plus de 54 députés ont contesté plusieurs orientations du gouvernement, notamment la restructuration de la dette. Certains élus ont dénoncé un supposé alignement sur les exigences du FMI.

La coalition Takku Wallu, proche de l’ancien président Macky Sall, a également jugé la déclaration peu convaincante, estimant qu’elle manquait de nouvelles orientations.

Au terme des débats, Ousmane Sonko a annoncé que les accords internationaux, notamment celui envisagé avec le FMI, feraient l’objet d’un contrôle parlementaire. Il n’a, en revanche, pas évoqué une éventuelle motion de défiance contre le gouvernement.

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