Guinée : Mamadi Doumbouya fait cinq exigences « non négociables » à ses ministres

Mohamed Fousso
4 min
Mamadi Doumbouya, président de la Guinée en compagnie de la garde présidentielle. @Médias locaux

En Guinée, Mamadi Doumbouya a listé cinq exigences à ses ministres lors du Conseil des ministres du jeudi 3 septembre 2026. 

Guinée: le président Mamadi Doumbouya rappelle ses ministres à l’ordre et fixe ses exigences

Le gouvernement guinéen est désormais face à plusieurs exigences. C’est la volonté exprimée jeudi par Mamadi Doumbouya en Conseil des ministres. Selon le compte rendu rapporté par le média local Africaguinée, ces exigences sont au total au nom de cinq.

  • Une discipline d’exécution chronométrée

Afin de s’assurer que ce projet structurant ne souffre « d’aucune approximation », Mamadi Doumbouya a édicté cinq exigences formelles à ses ministres. Le temps des retards accumulés semble révolu, avertit le Chef de l’État qui exige désormais un suivi au millimètre près.

« Première exigence : la discipline dans l’exécution. Chaque projet et chaque réforme inscrits au portefeuille Simandou 2040 sont assortis de jalons et d’échéances. Ces jalons ne sont pas indicatifs. Je veux, à compter de ce mois, un tableau de bord mensuel d’exécution physique et financière, transmis au Secrétariat Général du Gouvernement et au Comité Stratégique de Simandou. Les taux d’exécution seront examinés en Conseil », a-t-il martelé.

  • Tolérance zéro pour le gaspillage et le gré à gré

Mamadi Doumbouya a durci le ton concernant la gestion des deniers publics. Il déclare que chaque franc guinéen engagé doit produire un résultat visible, mesurable et vérifiable.

Lire aussi :  Nigeria : au moins 37 morts après l'inhalation de vapeurs toxiques lors d'un vol de pétrole

« Deuxième exigence : la qualité de la dépense publique. Nous avons mobilisé, auprès du secteur privé, des financements d’une ampleur inédite dans l’histoire de notre pays. Cette confiance oblige. Chaque franc guinéen engagé doit produire un résultat visible, mesurable et vérifiable. Je ne tolérerai ni le gaspillage, ni la dépense de prestige, ni les marchés attribués en marge des procédures », a-t-il lancé.

  • La fin des inaugurations sans lendemain

Le Président de la République impose désormais une rigueur technique et juridique en amont concernant les projets. Il annonce qu’aucun projet ne sera plus inscrit ni financé sans étude de faisabilité complète, sans montage juridique sécurisé, sans plan de maintenance.

« Troisième exigence : maturation préalable des projets…Nous avons trop souvent, par le passé, inauguré ce que nous n’étions pas en mesure d’entretenir », admet Mamadi Doumbouya.

  • La priorité à la main-d’œuvre guinéenne

Les retombées économiques doivent se ressentir directement sur l’emploi local, a-t-il martelé, ajoutant que les investissements que la Guinée accueille doivent former les guinéens, les employer et les faire monter en compétence. “C’est tout le sens de la Simandou Academy. Je demande un point d’étape trimestriel sur les engagements de contenu local souscrits par chacun de nos partenaires”.

  • L’obligation de quitter les bureaux climatisés

Enfin, le Chef de l’État veut désormais un gouvernement au contact direct des réalités du pays. Un ministre ne gouverne pas depuis son bureau, a déclaré le Chef de l’Etat.

Lire aussi :  Zimbabwe : arrestation de la belle-fille du président pour blanchiment et trafic de drogue

“Je veux vous voir sur les chantiers, dans les préfectures, dans les sous-préfectures, dans les districts et les villages au contact des populations dont vous avez la charge”, exige-t-il.

Inutile de rappeler que ces cinq exigences sont évoquées par Mamadi Doumbouya qui a limogé deux semaines avant, les ministres Mory Condé et Mourana Soumah, sans explication détaillée des motifs.

Tags :
Partager cet articles
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *