Au Nigeria, au moins 37 personnes ont perdu la vie le 3 septembre 2026 près d’Okrika, dans la périphérie de Port Harcourt. Des jeunes qui tentaient de siphonner du pétrole brut lors d’un transfert de cargaison sur un oléoduc ont inhalé des vapeurs d’hydrocarbures toxiques.
Nigeria: au moins 37 morts lors d’un vol de pétrole sur un oléoduc
C’est une tragédie dans l’État de Rivers au Nigeria. Plusieurs corps aperçus flottant sur le fleuve, sans avoir encore été repêchés le 3 septembre dernier. Selon le Centre pour la défense des jeunes et de l’environnement, une ONG locale, les victimes avaient raccordé un tuyau à un point de soutirage sur un oléoduc acheminant du produit depuis l’usine pétrochimique Indorama Eleme Petrochemical vers des navires d’exportation.
Plus d’une centaine de personnes originaires des communautés voisines s’étaient amarrées près de ce point de transfert lorsque, vers minuit, une odeur suffocante s’est dégagée. Robert, un habitant d’Okrika, décrit la scène au média local The Guardian. « Il n’y a pas eu de feu, ou d’explosion. Mais les vapeurs d’hydrocarbure étaient insupportables. Ça sentait mauvais même à un kilomètre de là. Certains habitants ont dû quitter leurs maisons. C’est ces vapeurs qui ont étouffé la plupart des gens qui siphonnaient l’essence. Il y a beaucoup de corps qui flottent sur la rivière et qui doivent encore être identifiés. », a-t-il fait savoir.
Certaines victimes sont tombées directement à l’eau, asphyxiées. D’autres ont présenté de graves troubles respiratoires après avoir réussi à s’échapper.
Un fléau persistant dans le delta du Niger
L’État de Rivers est régulièrement le théâtre de tragédies similaires, liées aux explosions et fuites mortelles aux abords des oléoducs, cibles habituelles de sabotages et de vols. Fyneface Dumnamene, directeur d’une ONG locale, nuance toutefois sur RFI : « La compagnie Tantita Security, qui appartient à l’ancien chef rebelle Tompolo, emploie des jeunes pour sécuriser les oléoducs. Cela a contribué à réduire les vols depuis quelques années dans le delta du Niger. D’autres ont dû s’enfoncer plus profondément dans les criques, à cause des opérations des forces de sécurité. »
Pour les représentants de la société civile, la solution passe par des alternatives économiques concrètes pour les jeunes des régions pétrolifères. Sans emplois ni moyens de subsistance, ils continueront de risquer leur vie aux points de collecte de pétrole, malgré des drames répétés.