Le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord technique portant sur un programme de financement d’environ 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Si l’accord doit accompagner les réformes économiques et renforcer les équilibres macroéconomiques, le parti au pouvoir, Pastef, appelle déjà le gouvernement à éviter que les ajustements financiers ne pèsent sur les ménages.
Sénégal : accord de 2,2 milliards de dollars avec le FMI sous pression de Pastef
Le gouvernement sénégalais et l’institution financière internationale sont parvenus à un accord technique autour d’un programme triennal d’appui financier évalué à environ 2,2 milliards de dollars. Le dispositif doit notamment accompagner les réformes engagées par l’État, soutenir le redressement des finances publiques et contribuer à la consolidation du cadre macroéconomique du Sénégal.
Mais cette perspective de financement intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. Au sein de la majorité, le Pastef-Les Patriotes appelle l’exécutif à faire preuve de vigilance afin que les mesures d’ajustement liées au programme ne se traduisent pas par une dégradation des conditions de vie des populations.
Le Pastef met en garde contre une politique d’austérité
À l’Assemblée nationale, le député de Pastef Ayib Daffé a demandé des garanties sur les conditions du nouvel accord et sur la stratégie retenue par le gouvernement pour gérer la dette extérieure.
Pour le parlementaire, les efforts demandés dans le cadre du redressement financier ne doivent pas être supportés par les citoyens à travers une augmentation généralisée de la fiscalité ou une réduction des dépenses sociales.
Cette position traduit une préoccupation grandissante au sein du parti au pouvoir. Il s’agit notamment d’accompagner le rééquilibrage des finances publiques tout en préservant les engagements sociaux pris auprès des Sénégalais.
Les autorités financières assurent toutefois que le programme ne remettra pas en cause les principaux dispositifs sociaux. Le secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, Aliou Ndiaye, estime que l’accord doit au contraire permettre de dégager des marges budgétaires nécessaires à la consolidation des filets sociaux et au règlement régulier des bourses destinées aux étudiants.
Le gouvernement de Diomaye Faye sur le remboursement de la dette
En parallèle des discussions avec le FMI, le gouvernement sénégalais veut rassurer les marchés sur sa capacité à honorer ses engagements financiers. Les autorités réaffirment ainsi leur volonté de respecter les échéances liées à la dette publique extérieure. Une prochaine échéance importante doit notamment être réglée le 13 septembre, avec le paiement de 34 millions de dollars au titre d’un eurobond.
Pour Dakar, le maintien du service de la dette constitue un enjeu majeur pour préserver la crédibilité financière du pays et restaurer progressivement la confiance des partenaires et des investisseurs.
L’accord avec le FMI intervient donc à un moment charnière pour les finances publiques sénégalaises. Entre nécessité de rétablir les équilibres budgétaires, exigences du financement international et volonté politique de préserver les acquis sociaux, le gouvernement devra désormais trouver un équilibre délicat.