Une promesse de nomination au gouvernement aurait coûté plus de 45 millions de francs CFA à un tradipraticien. Deux hommes, dont le président d’une fondation, ont été interpellés dans cette affaire présumée d’escroquerie aux faux parrainages politiques et devraient être présentés au parquet spécial de la CRIET.
CRIET : deux hommes arrêtés dans une affaire de 45 millions FCFA autour d’une fausse nomination
L’affaire remonte à plusieurs années. Selon les éléments recueillis dans le cadre de l’enquête, le principal suspect aurait réussi à convaincre un tradipraticien de son influence au sommet de l’État. Il se serait présenté comme un conseiller à la présidence de la République et comme le responsable d’une fondation, allant jusqu’à affirmer avoir contribué à la nomination de quatre ministres sous le précédent gouvernement.
Fort de cette influence supposée, il aurait fait miroiter à sa victime une nomination dans le gouvernement formé le 24 mai 2026. Pour parvenir à ses fins, le plaignant affirme avoir été soumis à plusieurs demandes financières présentées comme nécessaires à différentes démarches.
Une maison vendue et plus de 45 millions déboursés
Pour financer ces prétendues démarches, le tradipraticien aurait consenti d’importants sacrifices. Selon l’information rapportée par Bip Radio, il affirme avoir vendu sa maison, puis mobilisé des fonds provenant de tontines et contracté plusieurs prêts. Au total, plus de 45 millions de francs CFA auraient été versés au principal mis en cause. Le tradipraticien aurait également transmis à plusieurs reprises son curriculum vitae, dans l’espoir de voir son nom figurer parmi les membres du nouvel exécutif.
Mais lorsque la liste du gouvernement a finalement été rendue publique, la promesse ne s’est pas concrétisée. Son nom n’y figurait pas. Réalisant qu’il aurait été victime d’un stratagème frauduleux qui aurait débuté au moins en 2023, le tradipraticien a décidé de saisir la justice.
Le principal suspect et un présumé complice ont été interpellés le mardi 1er septembre 2026 et placés en garde à vue. Le plaignant a, pour sa part, été entendu par les enquêteurs le vendredi 4 septembre.
Les investigations se poursuivent. Les deux suspects devraient être présentés au procureur spécial de la CRIET à partir du lundi 7 septembre 2026. Ils bénéficient, à ce stade, de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle décision de justice définitive.