Manifestations anti-immigration en Afrique du Sud : la police dresse un premier bilan

Paul Danongbe
4 min

La police sud-africaine a dressé un premier bilan des violences xénophobes qui ont secoué plusieurs villes du pays. Les forces de l’ordre évoquent des chiffres et affirment avoir évité une flambée généralisée des violences qui ont conduit à des centaines d’interpellations et à l’ouverture de plusieurs enquêtes.

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Afrique du Sud : plus de 900 arrestations après les manifestations anti-immigration

Plus de 900 personnes interpellées dans les violences xénophobes enregistrées en Afrique du Sud ces derniers mois. Ce sont là, les premiers éléments du bilan de la police publiés jeudi. Les forces de l’ordre indiquent également avoir arrêté de plus de 900 personnes au cours des opérations menées pendant les manifestations. Selon la police, une grande partie des personnes interpellées se trouvaient en situation irrégulière, tandis que d’autres sont poursuivies pour des faits de violences publiques, de vandalisme ou de troubles à l’ordre public.

Les zones les plus sensibles restent sous étroite surveillance afin d’éviter de nouveaux affrontements, précise le communiqué de la police sud-africaine consulté par Africaho. À Hillbrow, quartier populaire de Johannesburg, la situation s’est rapidement dégradée, et a d’ailleurs nécessité l’intervention de l’armée en appui aux forces de police après des échanges de tirs. Deux personnes ont notamment été victimes de tentatives de meurtre par arme à feu, selon les autorités.

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La police enquête également sur la mort d’un ressortissant étranger à Durban. L’homme aurait chuté d’un immeuble alors qu’il croyait être poursuivi pendant les manifestations. Une autre enquête pour meurtre a été ouverte dans le township d’Alexandra, à Johannesburg, après la mort par balle d’un jeune homme lors de pillages visant des commerces appartenant à des étrangers.

Malgré les scènes de pillage observées dans plusieurs localités, les autorités soulignent que la situation reste, pour l’heure, loin des violences xénophobes de 2008 qui avaient fait 62 morts. Le mouvement « March and March » entend toutefois maintenir la pression sur le gouvernement en organisant de nouvelles manifestations chaque jeudi, une perspective qui conduit les services de sécurité à rester en état d’alerte.

Ce que dit le pouvoir Ramaphosa à propos de ces violences xénophobes

En Afrique du Sud, ces violences xénophobes décriées par de nombreuses dont celle togolaise qui par la voix de son chef, Robert Dussey les a qualifiées de honteuses selon des propos cités par Africaho, a fait réagir le président Cyril Ramaphosa.

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Dans un message à la nation diffusé dimanche 7 juin dernier, le président sud-africain a réfuté les accusations d’existence d’une xénophobie structurelle dans son pays. « Nous savons que le peuple sud-africain n’est pas xénophobe. D’ailleurs il n’y a aucune place pour la xénophobie, le racisme, le sexisme, l’afrophobie ou toute autre forme d’intolérance. En tant que communauté et en tant que société, nous ne devons pas nous laisser corrompre par ceux qui veulent que nous nous retournions vers ceux qui ne sont pas nés sur notre territoire. Nous n’autoriserons pas que des groupes utilisent les préoccupations légitimes de nos concitoyens pour déstabiliser le pays et inciter au repli sur soi et à la violence », a-t-il martelé.

Des propos qui n’ont visiblement pas suffit pour rassurer l’opinion qui constate chaque jour, la portée des violences xénophobes qui continuent de s’observer au jour le jour dans le pays.

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